
A qui s’adresse CHASSEURS
DE DRAGONS ?
GUILLAUME IVERNEL :
A tous, de 8 à 88 ans, nous avons essayé avec ce film de
revenir à ce qui faisait l’essence des contes d’antan,
mais avec une facture que nous avons voulue la plus moderne possible.
Il est impossible d’oublier que les enfants vont voir leurs films
accompagnés d’adultes. Pas question que l’un des deux
s’ennuie. Ce doit être universel, et permettre une double
lecture. CHASSEURS DE DRAGONS, c’est un peu « Tex Avery chez
LE SEIGNEUR DES ANNEAUX 3 » !
ARTHUR
QWAK :
Le budget conséquent du film fait que CHASSEURS DE DRAGONS devait
être un film familial. On ne donne pas 12 millions d’euros
à deux inconnus pour ne s’adresser qu’à une
élite de cinéphiles. La contrainte de l’universalité
laisse un champ de création suffisamment vaste pour accepter la
règle. Grâce au travail de Pixar ou au savoir faire des studios
Ghibli de Miyazaki, le grand public se réapproprie toujours plus
l’animation. C’est un support intéressant parce qu’il
reste magique aux yeux des enfants comme des adultes et le conte est un
genre qui
se marie bien au dessin animé. CHASSEURS DE DRAGONS est aussi un
film nourri de cette envie de renouer avec les premiers Disney, des histoires
avec des personnages qui faisaient vraiment peur !
Pourquoi avoir choisi la 3D ?
GUILLAUME IVERNEL :
J’ai toujours ressenti une sorte de frustration dans la manière
d’aborder la fabrication d’un film en 2D. Mes univers correspondaient
bien mieux au support de la 3D. En découvrant les immenses possibilités
de cet outil, j’ai pu imaginer tout ce qui s’ouvrait devant
moi.
ARTHUR QWAK :
Lorsque l’on travaille avec la 3D, on a l’impression d’arriver
en Oklahoma comme les pionniers et d’explorer une terre encore vierge.
C’est une technique jeune qui évolue à toute vitesse
d’année en année. Elle permet à la fois de
créer un réalisme certain avec une vraie profondeur et de
plonger immédiatement le spectateur dans un univers. Compte tenu
de nos choix visuels, la 3D était l’option la plus adaptée.

(c) MMVII Futurikon Films, Trixter, LuxAnimation, France
3 Cinéma, RTL-Tvi
Vous identifiez-vous plus à
l’un des personnages du film ?
GUILLAUME IVERNEL :
Oui. Arthur et moi, nous sommes assez Gwizdo / Lian-Chu, surtout parce
que nous partagions le même problème de crédibilité.
En fait, CHASSEURS DE DRAGONS est un film autobiographique ! Nous sommes
les deux gueux de l’animation sur lesquels on a misé plusieurs
millions d’euros, avec pour mission d’aller buter le dragon,
alors que nous ne pouvions nous prévaloir d’aucune expérience
comparable.
ARTHUR QWAK :
On s’amuse souvent à dire que CHASSEURS DE DRAGONS est autobiographique
: deux gueux mal dégrossis en quête de crédibilité
vont tenter de vaincre le Bouffe Monde. Faire un film en 3D, c’est
un peu vaincre le Bouffe Monde. Au-delà de la blague, je ne cherche
jamais à m’identifier aux personnages durant le processus
d’écriture. Je m’efforce plutôt de leur donner
leur propre personnalité en restant à leur écoute.
Il arrive parfois qu’un personnage refuse le scénario. Il
choisit une alternative à laquelle vous n’avez pas pensé.
Je pense notamment à la séquence où Gwizdo décide
de faire demi-tour afin d’éviter l’affrontement final.
Ça veut dire que le personnage commence à exister. A partir
de l’histoire que vous lui avez prédestinée, c’est
lui qui choisit quoi faire.
Et
si vous ne deviez garder qu’un souvenir de toute l’aventure
?
GUILLAUME IVERNEL :
Je dirais… quand pour la première fois j’ai eu en main
le concept de CHASSEURS DE DRAGONS, juste quelque pages et dessins. Tout
était déjà là, dans nos têtes, la même
vision du projet, j’ai l’impression.
ARTHUR QWAK :
Probablement la fin du premier pilote, une minute trente de film que nous
avions projetée dans une salle de cinéma à Annecy.
C’était un peu comme le début d’une grande aventure
que nous pouvions enfin percevoir.

(c) MMVII Futurikon Films, Trixter, LuxAnimation, France
3 Cinéma, RTL-Tvi
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