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Chasseurs de Dragons


Pour débarrasser son oncle, le Seigneur Arnold, d’un terrible dragon dont la peur le hante, la petite Zoé se met en quête de héros, des vrais, pareils à ceux des contes qu’elle passe sa vie à lire. Pas de chance, elle tombe sur Gwizdo et Lian-Chu, chasseurs de dragons de seconde zone, dont les faits d’armes consistent à trucider des monstres minables pour des paysans bas de plafond et dont la plus haute ambition est de se payer un jour une petite ferme pépère.
Qu’importe, l’enfant voit en eux les héros de ses rêves et le rusé Gwizdo, alléché par la fortune du Seigneur Arnold, se garde bien de la détromper…

Bien décidé à vendre la peau du dragon sans l’avoir tué, il extorque à leur client une bourse d’or à titre d’avance et… s’apprête à quitter la contrée discrètement. Mais c’est sans compter sur l’enthousiasme de Zoé qui, déterminée à suivre ses héros dans leurs aventures, décide de leur coller aux basques…
Dès lors, les chasseurs de dragons n’ont plus le choix.

Au grand dam de Gwizdo, il leur faut entreprendre un périlleux voyage vers le bout des terres, là où sommeille pour quelque temps encore le plus terrifiant dragon qui ait jamais vécu : le Bouffe Monde…
Pour Zoé, c’est un rêve devenu réalité, pour Gwizdo, un cauchemar qui ne peut que mal finir. Mais ni l’enfant ni le petit escroc ne savent que Lian-Chu et le Bouffe Monde se sont déjà rencontrés. Et qu’ils ont un compte à régler…


(c) MMVII Futurikon Films, Trixter, LuxAnimation, France 3 Cinéma, RTL-Tvi

Innovante et originale, conciliant l’exigence d’auteurs avec le plus large éventail de spectateurs, l’animation ne cesse de bousculer le paysage des salles obscures. CHASSEURS DE DRAGONS s’inscrit dans la lignée des longs-métrages explorant la relation passionnelle du grand public avec l’animation.

 

Comment l’aventure a-t-elle commencé ?

GUILLAUME IVERNEL, RÉALISATEUR :

Au début, voici 12 ans, CHASSEURS DE DRAGONS existait sous la forme d’un concept écrit d’Arthur Qwak, dont il avait développé les personnages avec Valérie Hadida. C’est à partir de ces 4 ou 5 pages que tout s’est décliné, des BD au film en passant par la série télé. On n’avait pas pensé à un support particulier à l’origine, nous voulions décliner le concept dans différentes techniques, afin que chaque medium s’approprie l’esprit de l’histoire de départ.

ARTHUR QWAK, CRÉATEUR, CO-SCÉNARISTE ET RÉALISATEUR :
Une idée d’histoire surgit toujours par hasard et souvent à des moments où on s’y attend le moins. Quand j’ai associé « chasseurs » avec « dragons » la porte d’un univers s’est ouverte devant moi. Il ne restait plus qu’à l’explorer. Stephen King, dans son superbe Ecritures, explique qu’il considère l’écrivain comme un archéologue qui trouve un bout d’os et dont tout le travail consiste à dégager le squelette entier sans le briser. Un concept me parle quand celui-ci fonctionne par connexions, CHASSEURS DE DRAGONS est une connexion. D’un côté, des dragons et tout l’univers fantastique qui va avec et de l’autre, le métier de chasseur et tous les problèmes liés au fait d’avoir un boulot : les contrats, les problèmes d’argent, les factures impayées...

Pour Gwizdo, le prince charmant est le pire ennemi du chasseur parce qu’il casse le métier en bossant à l’oeil. J’aime bien les personnages qui ne sont ni Jedi ni chevalier ou guerrier ou magicien mais des gens comme vous et moi. On s’y attache immédiatement parce qu’ils sont proches de nous.
Le ton de l’aventure est aussi original que l’univers visuel est fascinant.

Quelles sont les influences derrière CHASSEURS DE DRAGONS ?

GUILLAUME IVERNEL :
Tant d’influences. J’avais en tête un mélange de romantisme allemand à la Gaspard Friedrich et d’orientalistes pour la lumière. Et puis les illustrateurs anglo-saxons des années 70 comme Roger Dean ou encore Moebius en France. Et, bien sûr, l’animation japonaise.

ARTHUR QWAK :
Les références sont multiples. Il y a les vieux Disney comme BLANCHE NEIGE, LES DENTS DE LA MER, BANDITS BANDITS de Terry Gilliam, mais aussi l’époque Métal Hurlant et des auteurs comme Moebius, Giger ou Corben. En fait, on voulait faire un film drôle et flippant à la fois. J’aime bien entretenir l’idée du contraste dans une histoire, c’est ce qui peut en faire sa richesse. Pour résumer, l’idée était d’imaginer quel serait le look d’une aventure de Tom et Jerry chez LE SEIGNEUR DES ANNEAUX.


Un réalisateur d’animation est-il si différent d’un réalisateur de films avec acteurs, en prises de vue réelles ?

GUILLAUME IVERNEL :
C’est très différent d’un réalisateur de film live ! Dans l’animation, lorsque animatique et storyboard sont achevés, tout est fixé définitivement. Ton film est là, fini, mais tu devras attendre deux ans avant d’en voir la première image ! L’émotion vient avec l’animation, un an après que tout ait été décidé. Il faut être sûr de ses choix ! Heureusement, nous avons pu compter sur une équipe géniale. Je ne remercierai jamais assez l’équipe de Mac Guff. Car si une partie des décors a été faite au Luxembourg, et une partie de l’animation confiée à Trixter en Allemagne, tout le reste a été fabriqué chez Futurikon et Mac Guff à Paris.

ARTHUR QWAK :
On pourrait dire que c’est le même métier. Mais si le réal de live termine son film par le montage, pour nous c’est par là qu’il commence. On dessine le film sous forme de story board pour obtenir une version quasi définitive de ce que le film va devenir. Le film est pour ainsi dire terminé avant d’être fabriqué. Après c’est une longue route d’une année et demi pour remplacer les croquis du story board par les images finalisées. Pour le reste, les métiers se ressemblent parce qu’il faut diriger les équipes, leur communiquer les intentions et répondre à tout un tas de questions chaque jour.


(c) MMVII Futurikon Films, Trixter, LuxAnimation, France 3 Cinéma, RTL-Tvi

Travailler à deux réalisateurs est-il un atout pour un chantier d’une telle envergure ?

GUILLAUME IVERNEL :
C’est indispensable vu la charge de travail. Il faut bien se connaître et ne pas laisser la place à nos divergences, que l’on règle en privé. Il y a aussi une nécessité technique, une répartition logique des rôles compte tenu de l’expérience d’Arthur dans l’animation et de mon passé de designer. Une fois l’animatique au point, je me suis concentré sur l’image, et Arthur sur l’animation, après quoi nous nous sommes retrouvés pour toute la post-production.

ARTHUR QWAK :
Travailler avec Guillaume a été un atout (en plus d’être un plaisir) parce qu’on est très complémentaires : j’ai commencé comme storyboarder, lui comme designer. Je vais plus facilement vers les personnages, lui vers le décor. Et puis la combinaison de nos idées était très enrichissante pour le film. Le fait d’être à deux vous permet d’avoir une puissance de feu plus importante en terme de travail ou de réflexion sur les idées, l’histoire et la mise en scène. Et quand l’un fatigue, l’autre est toujours là pour relancer la machine. Je pense qu’au vu des conditions de production sur le film, il aurait été impossible d’atteindre les objectifs sans envisager de partager les tâches. Le film est drôle, spectaculaire, touchant, et parfois très sombre.



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