|


L’histoire de CARS touche John Lasseter de près. Il a grandi à
Los Angeles, et lorsqu’il était enfant, il aimait aller chez le
concessionnaire Chevrolet où son père dirigeait le service des
pièces détachées. Il a travaillé aux stocks dès
qu’il a eu 16 ans.
Il se souvient : “J’ai toujours adoré les voitures. Je dois
avoir dans les veines un mélange de dessins animés Disney et d’huile
de moteur…
Aujourd’hui, j’ai enfin réussi à réunir mes
deux passions : les voitures et l’animation. Lorsque Joe Ranft et moi
avons commencé à parler de ce projet en 1998, nous savions déjà
que nous voulions créer une aventure dont les héros seraient des
voitures. A peu près à la même époque, nous avons
vu un documentaire, “Divided Highways”, qui avait pour sujet une
autoroute inter-états et la manière dont sa construction avait
affecté les petites villes. Emus par ce documentaire, nous avons commencé
à songer à ce que cela devait être de vivre dans ces lieux
que le passage de l’autoroute avait plongés dans l’oubli.
C’est là que nous avons vraiment entamé nos recherches sur
la Route 66.”

Durant l’été 2000, la femme de John Lasseter,
Nancy, l’a convaincu de prendre des vacances bien méritées.
Toute la famille s’est embarquée à bord d’un camping-car,
et est partie pour deux mois sur les petites routes, loin des grands axes, entre
le Pacifique et l’Atlantique. John Lasseter raconte : “Lorsque je
suis rentré, j’avais resserré les liens avec ma famille,
nous étions plus proches que jamais. J’ai soudain réalisé
que je savais de quoi allait parler notre film… J’ai découvert
que le parcours que l’on fait dans la vie contient sa propre récompense.
C’est formidable de réussir à faire des choses, mais quand
vous y parvenez, vous voulez avoir vos amis et votre famille avec vous pour
fêter ça… Joe a aimé cette idée et notre histoire
a vraiment commencé à prendre forme. Notre héros, Flash
Mc Queen, ne s’intéresse qu’à une seule chose : être
le plus rapide. Rien d’autre ne compte pour lui que sa victoire au championnat.
C’était le personnage idéal pour qu’on le force à
ralentir, comme moi j’ai dû le faire pour mon périple en
camping-car. Pour la première fois de ma carrière, j’ai
levé le pied, et c’était extraordinaire.
Les histoires des films que nous faisons chez Pixar viennent toujours du coeur.
Elles naissent de choses personnelles, de choses qui comptent pour nous et nous
émeuvent. C’est cela qui leur apporte leur richesse d’émotion
et leur donne un véritable sens.”

Notez le détail des nuages dans le ciel formant des empreintes de pneus.
En 2001, John Lasseter, Joe Ranft, la productrice Darla Anderson,
les créateurs des décors Bob Pauley et Bill Cone, et plusieurs
autres membres clés de l’équipe de production se sont rendus
à Oklahoma City. De là, ils sont partis dans quatre Cadillac blanches
pour un voyage de neuf jours sur la Route 66. L’historien et écrivain
Michael Wallis a dirigé cette petite expédition, leur a fait découvrir
les lieux et présenté les gens qui rendent cette route si spéciale.
A chaque étape du trajet, l’équipe a d’abord observé
la “patine” des villes, et la richesse des textures et des couleurs.
Ils ont étudié les publicités peintes sur les côtés
des bâtiments, passées par les intempéries ou recouvertes
en partie. Ils ont observé les formations rocheuses et les nuages, la
végétation, tout ce qui fait l’univers de ces petites villes
à l’écart des grandes routes.


John Lasseter tenait absolument à ce que les personnages ressemblent
à de vraies voitures et paraissent le plus réalistes possible.
Ce qui voulait dire de nouveaux défis à relever pour l’équipe
technique de Pixar. Avoir un film où les personnages sont métalliques
et ont des lignes courbes et profilées signifiait qu’il fallait
trouver de nouveaux moyens de traiter les reflets. Cars est le premier film
Pixar à utiliser le “ray tracing”, une technique qui permet
aux voitures de refléter leur environnement de façon réaliste.
L’ajout de reflets dans quasiment chacun des plans du film a considérablement
rallongé la durée de calcul des images. Le temps de calcul moyen
pour une seule des images de ce film est de 17 heures…
Même avec un réseau sophistiqué de 3000 ordinateurs, et
des processeurs dernière génération qui fonctionnent jusqu’à
quatre fois plus vite que sur Les Indestructibles, il fallait quand même
un grand nombre de jours pour calculer une seule seconde du film final. John
Lasseter a insisté sur la “fidélité au sujet”
et a demandé à l’équipe d’animation de ne pas
étirer ou comprimer les voitures d’une manière incompatible
avec leur composition métallique.

Les animateurs ont effectué beaucoup de “tests
de route” pour définir le comportement et la façon de bouger
des personnages de manière crédible et divertissante. Ils ont
trouvé des moyens d’ajouter des déformations subtiles et
de légers mouvements qui restaient plausibles avec leur constitution.
Ils ont aussi découvert comment utiliser les pneus presque comme des
mains pour renforcer l’interprétation.
|