Salut, dans cette forêt de topics sur les formations et en ces temps de grandes orientations pour les futurs bacheliers, je me permets de poster mon expérience. Je pense que c'est peut-être plus utile que de répondre à des questions.
Comme beaucoup, j'ai abordé ce domaine à cause de ma passion pour le jeux-vidéo. Je n'ai voulu en faire mon métier que pendant le lycée, pendant mon bac STT compta-gestion. Il était trop tard pour faire un bac plus spécifique comme le Bac STI Arts Appliqués que je recommande aujourd'hui.
Le bac en poche, je cherche une formation spécifique pour travailler dans le monde du JV. Ma demande en IUT SRC a été refusée, certainement à cause de mon Bac. Je me suis alors rabattu en BTS Informatique de gestion car j'avais l'image du créateur de jeux vidéo, un programmeur qui code avant tout. J'ai donc appris la programmation, mais j'avais remarqué que je passais complètement à côté d'un domaine qui me paraissait tout aussi passionnant : l'infographie. J'avais quelques notions de Photoshop, mais la frustration de ne pas savoir utilisé la dimension supplémentaire m'a décidé de faire le pas. Niveau Bac+2 et des solides bases en programmation, je décide de continuer dans l'infographie 3D pure, bien que cela revienne à un niveau Bac+0 et que je ne connaisse rien à la 3D. Apprendre en autodidacte ne m'a jamais traversé l'esprit, car je ne connaissais aucun support de formation, bien que je savais que ça se faisait. Pour moi il était important d'avoir un vrai support d'apprentissage pour ne pas galèrer. Je prépare donc un modeste petit book avec mon niveau moyen moyen et je me lance dans la recherche des écoles. Mais pour des raisons très personnelles, je me suis lancé dans l'école la plus proche de chez moi : L'ESRA Côte d'azur. Du bon comme du moins bon. Comme c'est une école de cinéma traditionnel, on apprend la critique cinématographique ce qui est très bien, mais pour la 3D, ce n'est pas l'excellence. De bons profs d'autres un peu moins, mais le problème vient surtout de l'organisation qui gâche tout. La venue de certains pro était très appréciée, mais souvent, on aurait bien voulu qu'ils soient plus présents pour en profiter au maximum. On apprend aussi et surtout les contraintes de travail, les différentes étapes, mais aussi le rythme soutenu et qu'il faut faire des concessions comme diminuer fortement ses autres activités favorites qui prennent du temps (comme le JV, surtout les MMORPG !). Mais tout cela, ne m'a pas empêché de m'auto-perfectionner de mon côté et de trouver une spécialisation comme il est très souvent demandé dans les offres d'emplois (comme sur afjv.fr ou cgjobs.eu pour ceux qui ne connaissent pas). Je me lance alors dans le setup/rigging, se mariant très bien avec mes compétences de programmeur (Le fait d'être multi-casquette est un avantage pour la flexibilité de l'emploi). Le plaisir me penche aussi beaucoup pour le film d'animation que les JV, orientant mes critères de recherches futurs.
Au bout de 3 ans, je n'ai pas obtenu de diplôme car je n'ai pas pu faire le stage de fin de formation. Raison : une opportunité importante de travailler directement après. Malheureusement cette opportunité a échoué en raison d'un timing qui n'était pas bon. Je me retrouve donc sans emploi, sans diplôme et surtout sans aucune expérience professionnelle. Je mise tout sur ma double compétence et ma démoreel que j'envoie partout. Je me fais aussi un site internet dynamique que j'ai pu faire grâce à mes compétences de programmeur. Un astuce est de visualiser les adresses ip et l'host des visiteurs de son site pour recencer ceux qui se sont intéressés à ses travaux et donc potentiellement les futurs patrons.
Concernant le marché de l'emploi, j'ai un peu galéré pour trouver un job. Je n'ai pas cherché à l'étranger, bien qu'au festival d'Annecy et lors du Mifa, les offres d'emplois à l'étranger (Londres, Espagne, Japon,...) étaient bien réelles. Sur 30 demandes d'emplois uniquement sur Paris, une positive, mais la grande surprise c'est l'intêret d'Action Synthèse (Marseille) pour mes travaux, bien que je ne les avais pas solicités. C'est donc très heureux que j'ai hâte de débuter sur leur long métrage "The Wizard of Oz" (Le magicien d'oz) du grand John Boorman. Je pense que ma double compétence et ma motivation (et passion) y est pour quelque chose. Mais, le marché en France parait un peu bloqué. La période de ma recherche d'emploi n'était sans doutes pas la meilleure. Le marché de l'emploi de la 3D est beaucoup une question d'opportunité comme peut l'être le bouche à oreille (pour ne pas dire le piston).
Aujourd'hui ayant terminé ma formation, je peux dire que cette formation m'a permis de mettre le pied à l'étrier et d'être resté dans une structure sans laquelle j'aurais sans doute "glandouillé" un peu et cela bien qu'elle ne fasse pas partie des écoles phares. Je pense avoir appris bien plus vite grâce à l'école qu'en autodidacte et sans avoir eu l'impression d'être passé à côté de choses essentielles à retenir. L'autoformation est réservée aux plus organisés, ceux qui sont très rigoureux et autonomes.
La 3D, c'est devenu une véritable passion (où l'on scrute chaque jour les news sur 3dvf
). Si ce n'est pas un passe temps que de créer de la 3D, passez votre chemin car les contraintes vont très vite vous noyer.
L'important c'est la motivation (il ne faut se le dire, mais le faire), car c'est le moteur qui vous permettra de réussir.
Au sujet des autres écoles, j'ai eu certains profs qui intervenaient pour d'autres écoles comme les gobelins ou supinfocom, ou studio M. On a pu ainsi se faire une petite idée de ce qui se fait ailleurs. Même aux Gobelins où le travail exigé est très conséquent, on peut dire que chacune à ses points forts et ses points faibles (même Supinfocom qui n'est pas toujours transparente sur le travail réel des étudiants et la part faite par des pros...)
Le choix d'une école est donc plus difficile à faire que de simplement dire qu'une école est bonne ou non. Le meilleur moyen de se convaincre de faire une formation plutot qu'une autre devrait dépendre de votre propre apréciation, en jettant un coup d'oeil sur la qualité des travaux étudiants par exemple, en allant dans les festivals, mais aussi et surtout, en dialoguant longuement avec eux et "les anciens" pour vous forger la meilleure opinion possible.
Mais gardez en tête que pour rentrer dans ce domaine, ce qui compte c'est ce que vous êtes capable de faire, en le montrant par une demoreel ou un cd avec vos créations, et votre expérience, surtout votre capacité à travailler en équipe (d'où l'utilité de faire un stage). La formation est vraiment quelque chose de secondaire pour un employeur, je l'ai bien remarqué (sauf pour certains DRH prétentieux qui jugent un peu trop vite que je ne citerai pas). Donc même si vous doutez d'une formation, dites vous que l'autoformation est toujours possible. Grâce à internet, des miliers de ressources sont accessibles et vous pouvez à tout moment voir ce qui se fait ailleurs pour juger de la qualité de votre travail et ça c'est extrêment utile pour ne pas arriver à un entretien d'embauche en croyant que l'on est bon alors que vos travaux ne sont pas dans la moyenne présentable. Se remettre en question (comme accepter la critique) est nécessaire. Je pense que c'est l'un des meilleurs traits de caractère que de rester humble et ainsi de ne jamais tomber dans l'arrogance.
Un constat général est que s'il y a autant de questions c'est qu'il y a un manque essentiel d'informations et c'est normal, vu que la 3D est un domaine tout jeune et qui se développe à vitesse grand V. Depuis quelques années les formations pullulent et les conseillères d'orientation n'ont pas toujours les bonnes réponses. Il faut donc faire très attention car il y a très peu de formations publiques, financées en parti ou totalement par l'état (Licences pro, Chambre de Commerce et d'Industrie,...).
J'ai oublié de parler du prix de la formation qui a été d'environ 6500€ par an pendant 3ans. J'ai fait un prêt étudiant car je n'avais pas envie d'être complètement dépendant de mes parents. L'avantage de ce type de prêt, c'est que vous commencez à rembourser après votre formation, quand vous avez trouvé du boulot (normallement si tout se passe bien).
Aujourd'hui, c'est moi qui oriente mon frère qui désire rentrer dans le domaine du graphisme. Il est actuellement en Bac STI arts appliqués. Il vise par la suite les Gobelins, mais vise aussi d'autres écoles en cas d'échec comme l'EMCA, Estienne, Emile Colh, L'EESA... qui sont toutes des écoles qui ont de bons retours.
Voila j'espère que ça aidera certains à se donner une idée et à d'autres de partager eux aussi leur expérience.
Message édité par mrxzof le 28-01-2008 à 16:25:04