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3DVF : Du côté de l'ambiance et de la culture d'entreprise, quelles ont été les différences ?
L.C. : Il y a une véritable culture d’entreprise à Dreamworks, qui est déjà dû à l'histoire du studio et de la place qu'il représente dans le monde de l'animation en général. Mais au-delà de ça, tout est fait pour l'entretenir. On a par exemple régulièrement des « updates », c'est-à-dire de gros meetings avec tous les employés réunis, dans lesquels on est informé de toutes les choses importantes qui touchent au studio, des choses prévues dans le futur, des résultats financiers, mais également on nous présente le travaille artistique fait dans les différentes productions, afin que l'on se fasse une idée de tout ce qui est en cours de production. J'ai aussi le sentiment que tout le monde partage l'envie de réussite du studio, car on se sent tous impliqués dans les résultats. Tout cela part d'une prise de risque au départ, puisqu'il s'agit tout de même d'un investissement financier du studio, pour créer un cadre de travaille agréable, donner les meilleurs outils et le temps nécessaire au gens pour qu'ils puissent donner le meilleur d’eux-mêmes, et au final cela permet de générer la créativité, l'innovation, et donne les moyens et la volonté au gens de voir aboutir leurs idées.
3DVF : L'adaptation a-t-elle été facile, au final ? La langue a-t-elle posé un problème ?
L.C. : Ayant eu déjà l'expérience d'avoir travaillé dans des pays étrangers avant de venir (Luxembourg, Belgique, Espagne), l'adaptation aux États-Unis n'a pas été trop difficile, en particulier du fait que Dreamworks facilite grandement les choses afin que cela se passe au mieux. Au niveau de la langue, cela n'a pas trop posé de problèmes, je n'avais pas un anglais aussi bon que ce que j'aurais souhaité quand je suis arrivé, mais j'ai eu la chance de commencer avec Kristof Serrand comme superviseur (qui est Français) et Simon Otto comme directeur d'animation, qui parle français. Tout cela, plus le fait que je parle aussi espagnol, m'a facilité la tâche les premières semaines dans la vie de tous les jours et au studio. L'adaptation à la langue a pu se faire en douceur, petit à petit.
3DVF : Quelle est ton approche, que ce soit sur le plan technique ou artistique, lorsque tu traites un plan d'animation ?
L.C. : Chaque plan a sa propre histoire entre le moment où on le reçoit à faire et le moment où il part au département suivant. Selon le plan que j'ai à faire, je peux être amené à procéder de différentes façons, mais de manière générale, il y a un certain nombre d'étapes qui s'enchaînent:
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- Je regarde le montage de la séquence en layout et en storyboard, pour voir le plan dans son contexte, je porte une attention toute particulière à ma première vision qui peut parfois être intéressante. - S'il s'agit d'un plan de physique, je vais ouvrir la scène en 3D pour analyser l'espace géographique que j'ai réellement dans le décor et me faire une rapide idée de ce qui peut être fait ou pas avec la durée du plan. - Si c'est un plan d'acting, j'écris la ligne de dialogue et analyse quels syllabes ou mots sont appuyés, où sont les respirations etc... Je joue ensuite le plan en boucle un certain nombre de fois, avec 1 ou 2 plans de contexte avant et après, pour laisser parler mon imagination. Dans cette étape, j'essaie toujours de bien faire attention aux sentiments du personnage pendant son dialogue, afin de déterminer ce qu'il pense réellement, car il peut par exemple penser ou ressentir l'inverse de ce qu'il prétend dire. - Je discute avec mon superviseur des idées que j'ai. - C'est en général après ces étapes que j'ai l'opportunité de voir le réalisateur afin qu'il me donne ses intentions pour le plan et discuter avec lui des idées que j'ai eues dans ma réflexion. - Quand je le peux, j'aime bien faire des vidéos références pour avoir quelque chose à montrer qui représente plus concrètement mon idée. Je montre donc cette ou ces vidéos à mon superviseur, puis au réalisateur. Selon le type de plan (plan d'acting ou de physique, plan serré ou de plain-pied, mouvements amples ou très subtils...), je choisis de faire mon blocking en step ou directement en spline. - Pour mon blocking, je fais une passe sur le visage pour avoir une idée bien précise de ce que je veux pour les yeux et un minimum de poses de bouche qui marquent les moments importants. - Je montre au réalisateur, si les étapes précédentes ont bien été faites, il est rare de devoir tout refaire. - Je passe en refine/polish en prenant en compte les notes du réalisateur. Selon le plan et selon ce qui s'est passé quand j'ai montré le blocking, je montrerai soit le plan complètement polishé directement ou soit je passerai par une étape intermédiaire, pour m'assurer que je suis toujours dans la bonne direction.
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