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Accueil / Magazine / Interviews / Interview : Puss in Boots - Trois français chez Dreamworks

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Interview : Puss in Boots - Trois français chez Dreamworks

Publié le 10 avril 2012 par shadows44
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Puss in Boots

 

Le Chat Potté (Puss in Boots en VO, réalisé par Chris Miller), dernier film d'animation des studios Dreamworks, sort cette-semaine en DVD et Blu-Ray (lancement le 11 avril). Nous vous proposons à cette occasion de revenir sur la production en compagnie de trois français ayant travaillé sur le film :
- Sébastien Chort, lead lighter, qui a depuis rejoint le studio Framestore ;
- Ludovic Bouancheau, animateur ;
- Olivier Staphylas, Supervising Animator sur le film et passé depuis
Head Of Character Animation.

Ils évoqueront leur travail sur le long-métrage, l'organisation lors de la production mais aussi leur recrutement au sein du studio, le rapport des artistes à la critique et à l'accueil du public, le travail à l'étranger ou encore la vie de famille.

3DVF tient au passage à adresser un grand merci aux trois artistes pout avoir accepté de répondre à nos questions.

Illustrations du dossier :
Le Chat Potté - DreamWorks Animation / Paramount Pictures.

 

 

3DVF : Bonjour à tous, et merci d'avoir accepté cette interview. Pour commencer, pourriez-vous vous présenter et nous rappeler votre parcours ?


Sébastien Chort : Je m’appelle Sébastien Chort, 34 ans, marié, j’ai une petite fille, un chat et j’aime le Nutella. Je travaille depuis 11 ans dans l’industrie. J’ai effectué une formation de 4 ans à Supinfocom, puis j’ai travaillé 2 ans chez Partizan Midi Minuit en tant que généraliste avant de partir en Californie en 2003 pour rejoindre Blur Studio. Après 4 ans au sein de Blur et l’opportunité d’avoir pu superviser des projets tels que Gentlemen’s Duel, j’ai rejoint Dreamworks où j’ai participé en tant que lighter puis lead lighter à huit projets de longs métrages.
Depuis quelques mois je me suis installé à Londres et je travaille désormais chez Framestore, après un passage chez The Mill.


Ludovic Bouancheau : Bonjour, je m'appelle Ludovic, je suis animateur pour Dreamworks animation depuis maintenant 4 ans. J’ai suivi après le Bac une formation à l’ECV (une année de prépa sur Paris et 3 années supérieures sur Bordeaux) durant laquelle j’ai principalement appris le graphisme, le Web et la 3D en général, mais assez peu d’animation. J’ai donc intégré Gobelins l'École de l’image à Paris en spécialisation 3D puis en cursus d’animation 2D, cursus duquel je suis sorti en 2007 après avoir réalisé un court métrage en équipe : VOODOO.

Olivier Staphylas : Salut 3DVF. Je m'appelle Olivier Staphylas et je suis Head Of Character Animation chez Dreamworks Animation. Précédemment j'étais Supervising Animator sur Puss dans le film Puss In Boots. Avant ça j'étais Lead Animator sur How To Train Your Dragon, et animateur sur Kung Fu Panda. Je viens de l'école des Gobelins à Paris, et avant les Gobelins, j'ai fait l'école Supinfocom à Valenciennes.




Puss in Boots


Retrouvailles

3DVF : Comment êtes-vous entrés chez Dreamworks ? Quel a été le processus de recrutement ?

S.C. : J’ai transmis mon CV à un ami qui m’a recommandé auprès des ressources humaines ; lorsque des positions se sont ouvertes pour des postes de ligther j’ai été contacté pour un entretien et deux semaines plus tard le studio m’a fait une offre. Je pense que le fait d'être déjà sur Los Angeles et détenteur d’un visa a largement aidé à simplifier le processus.

L.B. : Honnêtement, un gros coup de chance ! À la sortie de Gobelins, je travaillais sur l’animation d’un générique télé tout en attendant le début de la production d’un long métrage en France pour lequel j’avais été recruté durant le festival d’Annecy. À ce même festival, j’avais revu un ami, Max Maléo, sorti de Gobelins l’année précédente, qui avait adoré VOODOO. Il m’avait alors évoqué un potentiel projet qu’il pourrait avoir avec Dreamworks, mais qui restait encore à préciser.
Finalement quelques semaines plus tard, alors que la production du long métrage sur lequel je devais travailler avait été repoussée, Max m’a recontacté pour me demander si je serais intéressé pour faire partie de l’équipe qui travaillerait sur le premier projet de Dreamworks en Inde. J’ai tout de suite dit oui.
Ensuite, j’ai reçu un appel de Shelley Page (recruteuse Dreamworks pour l’Europe) qui me demandait si je voulais aller à Bangalore quelques jours pour rencontrer le producteur du projet et visiter le futur studio. Trois jours après, j’étais dans l’avion.

Après ce premier contact, j’ai envoyé ma bande démo et un mois plus tard, j'étais aux États-Unis pour commencer mon training.

O.S. : Quand j'étais aux Gobelins, j’ai eu l’opportunité de faire un court-métrage pour le Festival d’Annecy, avec 4 autres amis des Gobelins. Le film s’appelle Le Building. Le jour du jury de fin d’année, je me rappelle, j’étais stressé car je savais que beaucoup de professionnels de l’industrie seraient là, y compris Dreamworks Animation. J’étais dans le couloir en attendant l’annonce de mes résultats et je vois Shelley Page, la représentante européenne de Dreamworks Animation. Elle marche vers moi et me donne sa carte de visite et me dis qu’elle m’appellera demain. J’étais surpris et heureux à la fois, mais je ne savais pas trop ce qu’il se passait. On rentre ensuite dans la salle pour recevoir nos notes de fin d’année ainsi que les commentaires des professionnels sur notre travail, et j’apprends que je suis major de la promotion. D’un seul coup je comprends pourquoi Shelley Page m’a donné sa carte et je commence à espérer très fort qu’il y aura une suite.
Le lendemain matin, elle m’appelle et me donne un rendez-vous dans un restaurant parisien. Quand je la rejoins, on discute un peu et elle me dit que le studio aimerait m’embaucher. C'était assez magique et j'avais le sentiment que mon rêve se réalisait.

 

 

3DVF : Pourquoi avoir choisi Dreamworks et pas un autre grand studio américain, ou bien une société en France/Europe (studio londonien par exemple) ?

S.C. : Et bien j’étais déjà en Californie, mon choix se tournait donc plutôt vers les studios américains, et je comptais aussi rajouter le nom d’un autre studio renommé à mon CV tant que j’avais mon visa de travail. À vrai dire je n’ai envoyé ma démo qu'à trois studios (Pixar, Sony et Dreamworks).


L.B. : Je n'avais jamais vraiment imaginé pouvoir travailler dans un gros studio d’animation, de surcroît aux États-Unis. Les films de Dreamworks, Pixar et Sony Animation ont été des références de qualité et j’ai toujours considéré l’accès à ces studios quasi impossible.

J’ai eu l'opportunité de faire un stage en 2006 à Framestore à Londres et j’avais vraiment aimé l’ambiance là-bas. À la fin du stage, le studio m’avait fait une offre d’embauche pour l'année suivante, moment où commencerait la production de leur premier long métrage 3D The tale of Despereaux.
À la sortie de l’école, j’avais pris la dure décision de décliner leur offre pour rester en France travailler sur Un Monstre à Paris, qui finalement a pris du retard. J’ai donc saisi l'opportunité que Dreamworks me proposait à ce moment-là. Une grande chance pour moi !

O.S. : À vrai dire, c'est plutôt Dreamworks qui m'a choisi, :) mais j'étais tellement honoré et heureux que je n'avais pas de raison de refuser. En plus j'adore le climat de Los Angeles et c'était vraiment une société qui m'intéressait depuis plusieurs années donc c'était parfait.

Gros Plans

3DVF : Votre formation en France vous a-t-elle semblé adaptée pour le travail que l'on vous a demandé par la suite en studio, et notamment à Dreamworks ?


S.C. : Du point de vue artistique certainement, d’un point de vue technique je pense que les expériences professionnelles passées et l’apprentissage personnel jouent un rôle plus grand que la formation.


L.B. : Le premier sentiment que j’ai eu en arrivant au studio est que j’avais tout à réapprendre. Tout depuis le début ! Le travail en production est tellement différent de l'école.
Cependant, la formation que j’ai suivie en France m’a donné toutes les armes nécessaires pour passer cette transition sans trop de problèmes. L’enseignement à Gobelins m’a bien sûr appris l’animation, mais aussi la rigueur et le travail en équipe. Le fait d’avoir eu des intervenants qui ne sont pas des professeurs permanents, mais des professionnels travaillant toute l'année dans le milieu permet de s'imprégner de l'atmosphère des productions.
Pour en avoir parlé avec mes collègues américains, les formations françaises apparaissent comme très efficaces et professionalisantes.


O.S. : Oui totalement. Je trouve que les Gobelins nous forment très bien aux besoins des studios en ce qui concerne l'animation. De mon côté, j'avais aussi l'avantage d'avoir la formation de Supinfocom en plus, ce qui m'a apporté une plus grande connaissance de la 3D en général, car j'y ai étudié la modélisation, le rigging et le lighting.

3DVF : Revenons maintenant sur Puss in Boots/Le Chat Potté. Le 23e film du studio reprend donc un personnage déjà vu dans la série des Shrek. Quel a été votre travail sur ce film ? Combien de temps avez-vous passé sur le projet ? Sur quels types de scènes/personnages avez-vous travaillé ?

S.C. : J’étais lead ligther pendant un an sur le projet. Je fus responsable du look developpement (sur des plans clés) ainsi que d’une équipe de production lighters sur 4 séquences :
- les retrouvailles entre Puss et Humpty adultes dans le garde-manger du bar à chats,
- la montée du haricot dans le ciel
- l’arrivée vers le château des héros,
- la descente dans le puits du château des héros poursuivis par l’oie géante.

L.B. : J’ai travaillé sur ce film pendant un peu plus d’un an. Je faisais partie de l’équipe chargée d’animer Puss, le personnage principal supervisé par Olivier Staphylas. J’ai eu la chance de faire tous types de plans : de l’action comme les scènes de combat à l'épée, mais aussi des plans d’acting, qui permettent d’explorer le caractère du personnage.
J’ai également animé quelques plans de Jack et Jill dans la séquence de l’hôtel.

O.S. : Sur Puss In Boots, j'etais le Supervising Animator de Puss. J'étais donc en charge de l'animation de ce personnage sur tout le film.
Cela consistait aussi à développer le Rig facial et le Rig du body du personnage pendant la période de développement, ainsi que de définir les expressions faciales qu'on utiliserait dans le film.
Ensuite durant la production je m'occupais des choix d'acting de Puss sur chaque plan et de superviser l'animation du personnage dans tous les plans.
J'ai passé presque 2 ans sur le projet.

Haricots

3DVF : Puss est déjà apparu dans la série des Shrek... Avez-vous eu des contraintes et consignes précises pour respecter son caractère, sa façon d'être, son apparence et ses mouvements ?

S.C. : Pas vraiment, la direction artistique était orientée vers plus de couleurs et de contraste. Toutefois, nous avons quelquefois fouillé dans la série des Shrek pour des références.


L.B. : Dans Le Chat Potté, Puss est très différent de ce qu’il était dans Shrek. Visuellement d’abord puisque son look a été redéfini par Olivier et Fabio (le Head Of Character Animation sur le film) afin de lui donner l’envergure d’un personnage principal et de le rendre plus mignon. Sa personnalité a aussi été complexifiée pour ce film.
 Ces choix faits en amont définissent une ligne directrice forte pour les animateurs. J’ai essayé d’absorber au mieux la personnalité de Puss et le style d’animation défini par Olivier, Fabio et le réalisateur afin de m’adapter au mieux aux intentions du film.

O.S. : Puss est un personnage très connu du public. Il fallait donc garder l'esprit du personnage et son charme. Cependant, de nombreuses années se sont écoulées entre les premiers Shrek, et ce film, et je voulais essayer de saisir l'occasion de le moderniser aussi. Nous avons donc mis nos efforts dans un nouveau rig et un nouveau rendu, mais le modèle était le même. Ensuite, grâce au nouveau rig facial, nous avons établi un nouveau type d'expressions afin de lui donner plus de possibilités d'acting facial. Avant, c'était un personnage qui avait quelques minutes d'apparition à l'écran et maintenant il est le héros d'un film de 80 minutes.

3DVF : Plus largement, aviez-vous une grande liberté artistique ?

S.C. : Tant que la direction artistique imposée par les concept arts était suivie, nous avions la liberté de faire des propositions créatives, et malgré la présence des concepts il y a toujours une part de liberté créative au niveau du lighting car les concept arts donnent une direction générale pour chaque séquence, mais pas pour chaque plan. Globalement Guillaume Arestos (le production designer) était très ouvert au dialogue et le travail en équipe sous sa direction fut très agréable du point de vue créatif.

L.B. : Il y a bien sûr un style à respecter, mais j’ai eu énormément de liberté sur ce film. J’ai plusieurs fois mis mes idées en commun avec Olivier sur les plans avant des les commencer et Chris, le réalisateur était très ouvert aux différentes idées des animateurs sur leurs plans.
Au jour d’aujourd’hui, c’est pour moi le film sur lequel j’ai pu apporter le plus. J'ai vraiment eu la confiance de Olivier, Fabio et Chris. C'était un vrai bonheur de travailler sur ce projet.

O.S. : C'était mon premier travail de superviseur et j'étais très heureux de pouvoir collaborer très tôt dans le processus de développement avec le Production Designer, le VFX sup et le Head of Animation afin de définir le nouveau look. C'était très gratifiant. Enfin, en production, j'étais aussi très heureux de pouvoir décider des choix d'acting du personnage, dans la mesure où ça correspondait à la vision du réalisateur bien sûr.



Oeufs
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