Google+
3DVF Network :
ico_magazine
Magazine
ico_boutique
Boutique
ico_cgjobs
Portail Emploi
ico_upload
Hébergement d'image
ico_progiss
Progiss
Login
space
space

Accueil / Magazine / Interviews / Art Graphique & Patrimoine : 25 ans d'expertise au service du patrimoine

space

Art Graphique & Patrimoine : 25 ans d'expertise au service du patrimoine

Publié le 25 février 2019 par
space
Art Graphique & Patrimoine
Illustration : ©Art Graphique & Patrimoine


3DVF : Quel était l’objectif de la numérisation du Mont-Saint-Michel ?

AGP : Pour le Mont-Saint-Michel, nous avons travaillé sur plusieurs missions entre 2014 et 2018, dans le cadre des travaux de restauration et diagnostic, en lien avec le gestionnaire du site, le Centre des Monuments Nationaux et l’architecte en chef du monument historique.
En 2018 les producteurs de Gédéon Programmes ont fait appel à nous pour un projet documentaire sur l’Abbaye : à cette occasion et sur la base des campagnes de numérisation précédentes, nous avons retracé l’évolution architecturale de la Merveille en 3D. Le résultat ce sont des séquences vidéo pédagogiques, très évocatrices des phases historiques de l’Abbaye, de l’édification de Notre-Dame-Sous-Terre (Xe siècle) jusqu’aujourd’hui.




 

 

Ce fut un long travail d'interprétation scientifique, mené de concertation avec une historienne de l’art experte de la période romane du Mont.
Pour chacun des projets, nous prenons soin de travailler en collaboration avec des chercheurs et des experts du site ou de l’époque étudiée. Nous avons collaboré avec l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) à plusieurs reprises, notamment dans le cadre d’une application de visite de la ville de Poitiers (3D Poitiers Evolution, disponible gratuitement sur les stores).

 

 

 

 

3DVF : Comment se passe la collaboration avec les scientifiques ?

Il y a des échanges continus tout au long de l’avancée du projet et certaines étapes sont soumises à des validations intermédiaires.
Quand on réalise une reconstitution 3D historique on est confronté à de nombreuses questions : comment rendre des paysages réalistes, comment coller au mieux à la réalité historique de tel site ou tel monument ? C’est pour cette raison que nous faisons appel à des spécialistes de ces périodes, afin de réaliser des reconstitutions les plus fidèles possibles aux interprétations des historiens. 



En 2014 nous avons numérisé la Victoire de Samothrace, exposée au Louvre, avant et après sa restauration. Nous étions en lien avec l’Ingénieur d'études du Musée du Louvre (Ludovic Laugier) et les échanges ont porté entre autres sur des hypothèses de reconstitutions de la sculpture originale (position des bras, restitution de la tête).
Nous avons pu numériser des éléments détachés et considérés comme faisant partie de la statue, afin de reconstituer les parties manquantes de façon numérique. A partir du résultat, le conservateur peut valider ou contredire une hypothèse et ainsi avancer dans ses recherches.

 

 

3DVF : Pouvez-vous revenir sur un de vos projets BIM ?

Nous avons travaillé l'an passé sur la Villa Majorelle, chef-d’œuvre Art Nouveau de l’architecte Henri Sauvage, construite à Nancy au début du 20ème siècle. La ville souhaitait acquérir une base de données complète sur cet ouvrage exceptionnel, afin de faciliter la restauration et la gestion de l’édifice, bientôt rouvert au public.


Nous avons effectué un relevé 3D complet par laser et drone, à l’intérieur et à l’extérieur de la villa. Cette base de mesure a permis la réalisation d’une maquette 3D paramétrique : un vrai double numérique de la Villa originale.

Ce modèle 3D permettra aussi de concevoir à terme des outils de médiation destinés au grand public, et notamment aux personnes à mobilité réduite qui pourraient par exemple visiter les étages virtuellement.

 

Villa Majorelle
Illustration : ©Art Graphique & Patrimoine

 

 

3DVF : Lors d'une numérisation 3D, comment choisissez-vous la technique utilisée ?

Chaque projet est différent. Nous choisissons et associons les techniques, à la fois en fonction du résultat que nous voulons obtenir et en prenant en compte les contraintes spécifiques au site.
Par exemple, il était difficile de numériser tout l’extérieur du Mont-Saint-Michel à travers la technique de la lasergrammétrie par scanner laser, à cause des alentours très irréguliers (sables, marées…). Nous avons donc uniquement utilisé ce type de technique sur les zones en dur, tandis que les toitures et une grosse partie des façades ont été numérisées par photogrammétrie aérienne (en hélicoptère).

3DVF : De nombreux outils ont émergé pour la numérisation, qu'il s'agisse de matériel ou logiciels. Comment choisissez-vous vos ressources techniques ?

Nous choisissons la technique en fonction de l’objet de notre intervention et surtout en fonction du résultat et de la précision que l’on souhaite obtenir..
AGP dispose d’une équipe chargée de R&D qui teste les nouveaux outils arrivant sur le marché, afin de s’approprier des technologies de pointe qui peuvent bien répondre à nos besoins.




 

 

3DVF : Vous travaillez à la fois sur des projets de grande ampleur et d'autres qui ont un périmètre plus restreint. On imagine donc que les durées des projets aussi sont très variables...


Oui. Cela dépend toujours de la nature du projet : surface à numériser, traitement souhaité, conception et production d’un outil de médiation… Dans ce dernier cas, un projet peut prendre en moyenne de 3 à 6 mois. Pour les projets de relevé, les opérations peuvent varier d’une demi-journée à quelques jours de terrain auxquels il faut rajouter les jours de traitement des données. Il s’agit d’une durée très indicative, car nous avons parfois des chantiers de grande envergure (tel que le Mont-Saint-Michel ou le Palais de Justice de Paris), où la numérisation peut s'étaler sur des semaines ou même des mois. De même, pour les œuvres d'art, tout dépend s'il s'agit d'un élément unique, d'une collection entière… et puis tout dépend des dimensions, du traitement, du livrable prévu...

3DVF : Est-il délicat d'avoir à gérer des projets de durées aussi variables ?

Non, d'autant que nous avons l'habitude de travailler sur plusieurs projets en parallèle ; au total, nous intervenons sur une cinquantaine de projets chaque année. Il est très courant que les projets se chevauchent et nous travaillons avec un rythme très intense.
Cela reste un défi, mais nous avons adapté nos méthodes de travail à cette contrainte qui a toujours été là et ce n’est jamais un problème. La polyvalence de notre équipe, dont nous parlions plus haut, facilite également la gestion sur ce point.

 

 

3DVF : Vous avez récemment travaillé sur une reconstitution historique du Palais de Darius à Suse (Iran), pour le Musée du Louvre. Pouvez-vous nous en dire plus ?

L’objectif était de restituer la grandeur de ce palais du 6ème siècle avant notre ère, dont le Département des Antiquités Orientales du Louvre possède des fragments : nous avons donc numérisé en 3D ces éléments de la décoration architecturale, puis procédé à une opération « d’anastylose », pour intégrer ces vestiges dans leur contexte original. Frises, chapiteaux de colonne, reliefs sculptés sont aujourd’hui difficilement intelligibles par le grand public, sans une vision globale des architectures.

Grâce au film 3D, les visiteurs parviennent plus facilement à faire le lien entre les objets exposés et le contexte historique.
L'autre intérêt est de redonner une échelle : par exemple, le chapiteau aux taureaux exposé au Louvre mesure 6m de haut, mais il était autrefois posé sur une colonne de 21m : cela propose une tout autre perspective de l’ensemble.
Le film est mis à disposition du public dans la salle consacrée au règne de Darius, sur une borne, depuis décembre 2018.

Ci-dessous : - Des visiteurs du Louvre devant la borne permettant de visionner le film 3D. Plus loin, des artefacts provenant des fouilles du Palais de Darius, dont un chapiteau de colonne massif représentant deux taureaux agenouillés.
- Quelques images extraites du film.

 

Louvre


Art Graphique & Patrimoine
Illustration : L’entrée monumentale avec les taureaux ailés protégeant le palais - ©Art Graphique & Patrimoine

Art Graphique & Patrimoine
Illustration : La cour intérieure décorée d’une frise de lions ailés et d’une frise d’archers  - ©Art Graphique & Patrimoine

Art Graphique & Patrimoine
Illustration : L’Apadana ou « salle du trône » dans laquelle Darius tient audience - ©Art Graphique & Patrimoine

 

3DVF : Autre projet récent : la visite VR du Théâtre Antique d’Orange...

Il s'agit d'un film de médiation conçu pour Culturespaces, qui gère le site du Théâtre antique d’Orange. Pour ce projet nous avons travaillé avec le CIREVE de Caen (Centre Interdisciplinaire de Réalité Virtuelle) pour la documentation historique.


Le film en réalité virtuelle dure 6 minutes et permet de devenir spectateur privilégié de l’histoire du lieu, de la fondation de la ville romaine jusqu'au premier spectacle dans le théâtre.
Une salle immersive dédiée a été mise en place à Orange ; le public découvre le film en fin de visite, chacun équipé d’un casque fourni sur place.

 

 

 

3DVF : Pendant plusieurs années, la plupart des institutions culturelles comme les musées étaient un peu réticentes à faire appel à la VR... Comment a évolué le marché ?

Depuis nos premiers essais fin 2016, la situation a un peu évolué, même s’il reste des freins, notamment en raison de contraintes dissuasives comme le manque d’espace disponible ou le besoin de personnel supplémentaire pour la gestion de l’équipement.


A l’heure actuelle, la réalité virtuelle s'utilise plus volontiers pour les expositions temporaires. Les grands collectionneurs d’art contemporain voient aussi de plus en plus l'intérêt de cette technologie. Il y a peut-être moins de freins à l'étranger, notamment dans les musées.
Il faut aussi préciser que ce genre d’activité nécessite une conception élaborée, qui sache mêler médiation, scénarisation, immersion et technologie.

 

 

 

3DVF : Pour finir, quelques mots sur votre très récent projet pour le Musée d'Orsay ?

Nous avons produit un film 360° qui se visionne grâce à deux bornes pivotantes
Timescope. En moins de 3 minutes, le film nous fait voyager à travers l'évolution architecturale du musée, ancienne gare en 1900, puis parking… Jusqu'à l’implantation du Musée d’art tel que nous le connaissons aujourd’hui. Les bornes sont situées à deux emplacements différents, ce qui permet d’avoir des points de vue distincts sur l’architecture intérieure.

Pour en savoir plus

- Le site officiel d'Art Graphique & Patrimoine propose de nombreuses informations supplémentaires, dont une liste plus exhaustive des projets passés de l'entreprise.

- Vous pouvez retrouver sur Google Play et l'App Store certaines applications créées par la société.

 

space
space

Les derniers commentaires (0)

Soyez le premier à déposer un commentaire.
space
space
space
space
space
A Propos | Contact | Publicité
Copyright © 2000-2019 3DVF. Tous droits réservés. | Infogérance serveur | tracker
space