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Accueil / Magazine / Interviews / Being Good, projet de court-métrage de Jenny Harder

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Being Good, projet de court-métrage de Jenny Harder

Publié le 18 octobre 2017 par
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Being Good

3DVF : Les deux gardiens d'Embry possèdent respectivement des ailes et une queue de diablotin. Comment ces éléments sont-ils employés ? Permettent-ils de renforcer l'expression des émotions des personnages ?

Jenny Harder : Oui, clairement. Les ailes d'Ava ne sont pas vraiment utilisées pour voler, elle flotte en apesanteur la plupart du temps. Ses ailes reflètent principalement ses émotions. C'est la même chose pour la queue de Mal, qui réagit toujours à ses sentiments et révèle souvent ses vraies intentions, car il le la contrôle pas.


3DVF : Le hair a lui aussi fait l'objet d'un soin particulier ; nous l'avons un peu évoqué plus haut. Comment avez-vous travaillé ce point ?

Jenny Harder : Nous avons commencé à créer plusieurs grooms, et au final nous avons opté pour une version plus réaliste, sous XGen. Malheureusement, l'outil a généré beaucoup de problèmes dans le pipeline Artella et il nous a fallu plusieurs mois pour nous en sortir. Notre équipe simulation n'a réussi à tout faire fonctionner que récemment.

Edouard Sisternas : XGen a été employé pour les plumes, le hair, le fur et l'herbe, nos artistes responsables du look dev ont fait un super travail. A l'heure où j'écris ces lignes je n'ai pas encore certifié de la stabilité du pigeon et de ses plumes dans les plans.... On croise les doigts !



 

Being Good

 

3DVF : Edouard est donc superviseur lighting sur le projet.
Comment a-t-il été choisi ?
Edouard, peux-tu nous décrire ton travail quotidien sur le projet ?


Jenny Harder : Un ami m'a donné son e-mail quand je cherchais un superviseur ; je ne le connaissais pas avant le lancement du court. Edouard s'est avéré être une des meilleures "embauches" réalisées dans le cadre de la production. Il est très talentueux et indispensable pour l'équipe !

Edouard Sisternas : Comme le dit Jenny, on ne se connaissait pas avant Being Good. Je ne connaissais Artella qu'à travers une news 3DVF datant déjà.  Le superviseur de l'animation Albert Barba (qui travaille à Mac Guff lui aussi) m'a convaincu, de même que la bonne humeur de Jenny.
Initialement, je devais seulement être lead, sous l'égide de Benjamin Venancie [Lead Lighter chez DreamWorks que nous avons interviewé en 2013, NDLR] qui devait jouer le rôle de superviseur, mais au final il était trop booké à DreamWorks et m'a laissé sa place à la supervision.







Durant ces derniers mois j'étais chez Illumination Mac Guff la journée et je passais mes nuits sur le projet à préparer le pipe lighting/compo plus le debug XGen. Les nuits étaient courtes. Depuis septembre je suis à temps plein sur le projet, je m'occupe de faire les keylight pour mon équipe de lighters composée de Simon Blüthenkranz (Autriche) , Mohammed Hamid (Etats-Unis), Alejandro Benitez (Chili), David Brancato (Etats-Unis) et Clémentine Sergeant (une de mes anciennes élèves fraîchement sortie d'ISART cette année).
Je m'occupe de faire le compositing des plans, faire le render wrangler, debuguer mon équipe et superviser qualitativement leurs travail. En soi, la journée je la passe à fabriquer et gérer les rendus, tandis que la soirée me permet de superviser le travail des lighters qui rentrent chez eux le soir pour travailler sur le projet. Les différences de fuseau horaire entre les membres de l'équipe imposent d'avoir une journée à rallonge.

 

 

 

 

Being Good

 

3DVF : Edouard, tu enseignes à Isart Digital, qui sponsorise le projet et d'où provient également la spécialiste du lighting Clémentine Sergeant. Quelques mots à ce sujet ?


Edouard Sisternas : Oui , ça fait maintenant 4 ans que j'enseigne le lighting/compo à Isart Digital, l'école du jeu vidéo et de l'animation 3D-FX dont je suis aussi un alumni. Au fil des années, j'ai pu affiner et adapter mes méthodes pédagogiques afin de former efficacement mes étudiants. Je me suis beaucoup inspiré des méthodes des lighters de Pixar mais aussi de mes  expériences pro telles que chez Illumination Mac Guff.
J'appuie mon cours sur l'importance de l'organisation, l'ordre dans lequel il faut aborder les différentes ambiances et shots et je donne aux élèves tous les outils et les connaissances pour être plus professionnels et aller plus loin qualitativement.

J'ai appliqué ces méthodes de travail sur ce court-métrage et je l'utilise en exemple auprès de mes étudiants. Cela leur permet de bien comprendre les impératifs et les contraintes du lighting sur un court-métrage. Ils identifient mieux les erreurs à éviter (certaines pouvant être fatales).
Cerise sur le gâteau, l'année dernière, j'ai décelé de grands potentiels dans la classe comme Clémentine. Une fois son projet de fin d'études terminé, c'est naturellement que je lui ai proposé de venir travailler sur ce projet de court-métrage collectif. Elle vient d'ailleurs d'accepter un post de lighting pour MPC ce mois-ci : je suis très fier d'elle!


3DVF : Les visuels disponibles laissent déjà entrevoir quelques intentions de lighting : lumière plutôt chaude, éclairage de biais qui permet sans doute de créer un contraste entre les deux gardiens... Peux-tu nous en dire plus ?

Jenny Harder : Oui, une grande partie de notre décor traduit des intentions, même les props et la nature reflètent Mal et Ava. Le côté gauche est chaud et propre, les arbres ont des feuilles larges et arrondies, c'est le côté d'Ava. Sur la droite nous avons des épicéas bleus et le décor semble plus usé, endommagé, c'est le côté de Mal. Nous voulions jouer avec la perception que les gens ont du bien et du mal, puis questionner ce statu quo dans le concept de long-métrage.

Edouard Sisternas : J'ai une grande chance sur ce film, c'est que Jenny est une graphiste avec des goûts très clairs en 2d. A ma demande, elle à demandé à ce que soient réalisées des références couleur poussées avant le passage en lighting. Cela m'a permis de détecter tout de suite les chose viables en 3d et ce qui ne marche qu'en illustration. Jenny a été très ouverte d'esprit m'a fait confiance sur l’interprétation, ce qui est un confort dans notre métier !!!
Le point le plus intéressant en lighting est une problématique que l'on a eu sur le toit de l’arrêt de bus.
L'idée de départ est simple. On a un ange qui parle avec un diable sur le toit d'un arret de bus. Il y a pas mal de champ-contrechamp et le but est de démarquer le coté lumineux de l'ange et le côté plus sournois du diable, tout en arrivant à sentir que les personnages sont intégrés dans leur environnement. Un problème est survenu alors : la direction du soleil qui venait de la gauche, ce qui est le plus judicieux pour tout les autres moment du film, mais pas sur l'ange et le diable car le diable est mis en lumiere et l'ange à contre-jour. En en discutant pas mal avec les concept artists et Jenny , on a décidé de partir sur quelque chose de plus complexe mais juste. Mettre le diable dans l'ombre du feuillage et eclairé par le retour rougeatre du toit, et laisser l'ange éclairé par le ciel bleuté.  Pour moi c'est la zone la plus compliquée à mettre en place car il va falloir comprendre d'où viennent les lumières et bien doser les saturations et les contrastes. 

 

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3DVF : Quelques mots également sur les FX/simulations, partie du projet supervisée par Nikita McKinder d'ILM ?

Christian Alzmann, Art Director chez ILM [
Nikita McKinder n'étant pas disponible pour l'interview, c'est Christian Alzmann, soutien du projet, qui répond] : Being Good est un aperçu du futur de la réalisation. Un ensemble d'artistes talentueux et motivés issus de nombreuses spécialités qui se rassemblent depuis les quatre coins du monde pour donner vie à ce projet. Chacun a écouté sa voix intérieure et ensemble ils créent un très joli film qui évoque justement cette idée de voix intérieure. Ce projet a été passionnant à suivre, et j'ai hâte de voir le résultat.

 

3DVF : La campagne de financement participatif du court a été lancée au milieu de la fabrication, durant la phase d'animation. Pourquoi ce timing et pas, par exemple, en amont ?
Plus globalement, quelle est la stratégie adoptée pour se démarquer au milieu des nombreux projets d'animation ?


Jenny Harder : Nous faisons appel à notre réseau et à nos contacts dans l'industrie pour trouver des soutiens. A ce stade, nous ne savons évidemment pas si cette approche sera un succès ou non. Pour le moment nous sommes confiants et très reconnaissants de tout soutien.
Pour le choix du moment de lancement, comme nous nous rapprochons du moment où nous aurons besoin des fonds pour la renderfarm, et les frais d'inscription en festival, ça semblait être un bon timing.

Edouard Sisternas : Nous avons dû attendre de pouvoir faire une estimation de nos coûts réels pour placer le montant à atteindre. Mais malgré tout, la deadline pour la sortie du film est le 17 novembre pour le CTN. Nous avons tous pas mal donné de notre temps, de nos personnes, et d'autres comme moi, de leurs finances pour avancer les coûts de production, et nous croisons les doigts pour rentrer dans nos frais. La route reste longue pour finir mais on tient le bon bout!





3DVF : Le court a pour ambition d'être un proof of concept pour un futur long-métrage. Est-il déjà possible de donner quelques informations sur ce futur projet, par exemple concernant le synopsis ?

Jenny Harder : Le court a principalement pour objectif de refléter les personnages et leurs relations. Le long ira bien plus en profondeur dans l'exploration des notions d'être bon [de "Being Good", NDLR] et de l'identité culturelle. Ces aspects sont peu peu trop "gros" à couvrir en 3 minutes, nous avons donc décidé de seulement les esquisser. Avec le court en tant que proof of concept, nous devrions pouvoir pitcher l'idée du long l'an prochain.

3DVF : Pour finir, auriez-vous des conseils pour d'autres personnes qui ambitionnent de se lancer dans ce genre d'aventure ?

Jenny Harder : Soyez prêts à ce que cela prenne le pas sur votre vie ! A la fois dans des aspects positifs et négatifs.
C'est beaucoup de travail, mais très gratifiant. Nous avons créé des liens, entamé de très bonnes amitiés et appris énormément durant ce voyage. Un projet comme celui-ci nécessite des superviseurs avec un esprit fort, qui sauront guider l'équipe au travers des difficultés mais aussi des échecs. Si vous êtes prêts à aller jusqu'au bout, quoiqu'il arrive, vous y parviendrez.


Edouard Sisternas : Si le but est de faire simple graphiste, foncez, vous apprendrez beaucoup en échange d'un peu de rigueur et de professionnalisme. Si c'est pour superviser, choisissez bien votre projet, tous ne se passent pas sans encombre et cela demande de grosses responsabilités et disponibilités. Si vous voulez faire un projet, soyez déterminé, pro, recrutez des superviseurs et un CG sup, et mettez-vous une deadline car sinon comme beaucoup de projet, ils ne verront finalement pas le jour.

Pour en savoir plus

- la page de la campagne, qui se termine le 26 octobre (l'objectif de 34 000£ soit 38 000€ n'est pas encore atteint) ;

- le site du projet.

 

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