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Accueil / Magazine / Interviews / Rencontre avec Mattis Dovier

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Rencontre avec Mattis Dovier

Publié le 16 novembre 2016 par shadows44
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Mattis Dovier

Nous avons déjà eu l'occasion de vous présenter les travaux de Mattis Dovier, dont les créations adoptent un style particulier : animation 2D en noir et blanc, proche du pixel art, avec un univers visuel percutant riche en métaphores visuelles.

Nous vous proposons aujourd'hui de plonger plus en détails dans l'univers de cet artiste. Mattis Dovier a accepté de revenir pour nous sur son parcours, son style et ses projets, mais aussi sur ses méthodes de travail.

 

Mattis Dovier

Mattis Dovier

 

3DVF : Quel est votre parcours ?

Mattis Dovier : Je suis graphiste de formation, j’ai fait un bac arts appliqués puis un BTS en communication visuelle option multimédia. Ensuite j’ai fait un an de formation professionnelle en motion design à l’école des Gobelins.
Même si mon parcours scolaire m’a beaucoup apporté, j’ai plutôt développé mes techniques d’animation et d’illustration en autodidacte. C’est pour cette raison que je n’ai pas poursuivi dans la voie des écoles pour me concentrer sur une pratique plus personnelle.

Vous êtes actuellement illustrateur et animateur freelance ; sur quels types de projets travaillez-vous le plus ?

Je ne dissocie pas vraiment la part d’illustration et celle de l’animation, pour moi il s’agit plutôt d’un hybride, de l’illustration animée en quelque sorte. Et de plus en plus, je considère le dessin comme un simple médium qui vient illustrer une histoire. Mais le fil conducteur dans mon travail est sa relation avec la musique, c’est pour cette raison que je travaille davantage pour des clips .

 

Mattis Dovier

 

Mattis Dovier

 

Plusieurs de vos films récents font appel à un rendu noir et blanc proche du pixel-art. Pourquoi ce choix artistique ?

C’est un choix qui s’est imposé à moi parce qu’il résout beaucoup de problèmes qui rendaient la réalisation de clips difficiles, voire rédhibitoire. Etant seul à travailler sur mes projets, il fallait trouver un moyen de travailler rapidement, c’est pour cette raison que je me suis intéressé au pixel art, on peut couvrir une surface de dessin plus grande sur une image basse résolution, et donc gagner beaucoup de temps, ce qui rend l’animation Image par image moins fastidieuse.

Finalement, outre l’aspect pratique j’ai trouvé cette technique intéressante pour son esthétique numérique associée au côté organique de l’animation traditionnelle.

Pour le noir et blanc c’est aussi une question de rapidité d’exécution, mais j’ai toujours été fasciné par la radicalité des contrastes et l’impact visuel que cela produit chez les grands maitres du noir et blanc en bande dessinée. D’autant que l’esthétique pixel-art « low res » s’y prête plutôt bien.

 

Mattis Dovier

Mattis Dovier

 

Sur le plan technique, quel est votre processus pour créer ces animations ?

Ma technique est très rudimentaire, je me sers de photoshop comme d’un logiciel d’animation traditionnelle: je crée différents calques vidéo qui me servent de layers: un pour les contours, un pour chaque remplissage. Lorsque ce sont des dessins d’invention je me sers de la fonction pelure d’oignon, et lorsque je me sers de vidéos comme base, je redessine la vidéo image par image sur un calque (rotoscopie). Généralement je mélange les deux pour obtenir un résultat réaliste mais avec un degré d’interprétation assez important pour ne pas être « photoréaliste » et mettre en avant le dessin.

Pour obtenir différentes nuances de pixels, je dessine des motifs de pixels que j’incruste dans un calque pour dessiner avec. De cette façon j’utilise les grilles de pixels comme des aplats de gris plus ou moins foncés. Mais il y a plusieurs façons de faire, on peut directement importer les images en niveaux de gris en bitmap, mais je préfère la solution « artisanale » qui donne des résultats moins aléatoires.

Ensuite je monte les animations sur Première avec le son.

Ce workflow est il relativement fixe, ou bien évolue-t-il au fil des plans et projets ?

Je reste assez fidèle à ma méthode pour garder une cohérence dans mon travail et une certaine maitrise mais au fil du temps je l’affine en faisant le tri entre ce qui marche et ce qui ne marche pas.
J’ai souvent hésité entre casser cette esthétique ou la faire progressivement évoluer, et j'ai finalement opté pour la seconde option. A chaque projet j’essaie d’apprendre une nouvelle technique, j’ai par exemple augmenté la résolution de l’image pour tendre davantage vers du pointillisme et pouvoir dessiner plus de détails. Au niveau de l’animation aussi, je n’anime plus tous les éléments avec le même ratio, je me suis rendu compte que certains éléments doivent être plus fluides et d’autres peuvent être moins animés tandis que dans mes premiers travaux je restais sur 12 images/ secondes constants.

L’essentiel est de trouver des moyens d’évoluer sans m’ennuyer et tomber dans la répétition. Mais même si l’esthétique est importante il y a beaucoup d’autres aspects à travailler comme la narration, la mise en scène, le montage.



INSIDE from Mattis Dovier on Vimeo.

 

 

Le projet Inside a été réalisé dans le cadre d'un partenariat entre It’s Nice That et Channel 4 Random Acts. Comment est né le projet ?

It’s Nice That m’ont proposé ce projet car ils cherchaient des artistes visuels aux directions artistiques marquées. J’étais très heureux d’avoir l’opportunité de travailler sur un format de court métrage, avec une totale liberté. C’était un premier exercice qui a été très formateur !

Le film met en scène un homme qui se métamorphose en robot et perd peu à peu son humanité... Pourquoi le choix de cette thématique ?

Dans mes travaux en général j’aime parler d’un sujet en utilisant des métaphores visuelles pour capter l’attention du spectateur. Je m’inspire beaucoup de ce procédé souvent utilisé  dans le cinéma d’horreur et le thriller pour faire une critique de la société.

Pour Inside, je voulais toucher à un paradoxe qui réside chez l’homme: celui d’être biologiquement naturel et de vouloir s’y arracher plus ou moins consciemment. Je voulais montrer que nous sommes les architectes de notre évolution, qui n’est plus naturelle mais conditionnée par nos désirs de progrès. Nous nous « recréons » en quelque sorte, suivant la logique de la société actuelle.


Malgré les apparences ce n’est pas une critique du progrès technologique : le robot est utilisé comme une métaphore, il symbolise la fonction pure, l’outil. Or l’homme considère son environnement comme un potentiel utile à exploiter, jusqu’à l’appliquer à lui-même. Ce n’est pas la machine qui viendrait remplacer l’homme, mais l’homme qui deviendrait la machine. Mais sans l’homme pour l’animer, la machine ne fonctionne plus.

 

Mattis Dovier

 

Quelles ont été les influences artistiques du film ?

Il y a beaucoup d’influences plus ou moins conscientes, mais les principales que j’avais en tête sont le comics « Black hole » de Charles Burns, les films « La mouche » de Cronenberg et « Ghost in the Shell » de Mamoru oshii, ainsi que le manga ero-guro. Je ne l’avais pas vu à ce moment mais on a souvent fait le rapprochement avec « Tetsuo: The Iron Man » de Shinya Tkukamoto. Durant mes recherches j’ai découvert la danse Butô qui est une danse japonaise qui se concentre sur l’introspection et l’expression de la douleur intérieure dont je me suis beaucoup inspiré pour le personnage qui est au sol au début.

Quels ont été les plans les plus délicats à réaliser, et pourquoi ?

Le design général des robots était un point assez délicat, j’ai hésité entre plusieurs types de design et j’ai finalement opté pour un design « exo-squelette » type « terminator » qui fait référence au squelette et donc à ce que le corps humain renferme, comme métaphore de sa nature intérieure.

L'audio joue un rôle important, avec un narrateur qui lie les plans. Comment cet aspect a-t-il été travaillé ?

Je voulais construire le récit autour d’un personnage qui livre un témoignage intime. J’ai opté pour la voix off pour que le spectateur puisse s’identifier et « vivre » les sensations physiques de la métamorphose.
Comme son corps, sa voix devient progressivement synthétique pour faire ressentir cette transition. Le timbre profond de la voix de l’acteur, Seymour Milton traduit très bien ce que j’imaginais.

Pour la musique, j’avais à l’esprit des nappes synthétiques qui évoluent comme une montée jusqu’au point culminant de l’histoire. Je suis un grand admirateur de la musique de Paul Régimbeau (Mondkopf), et j’ai naturellement pensé à ses morceaux qui dégagent une certaine poésie et brutalité à la fois. J’étais ravi qu’il accepte et une semaine après, il m’envoyait ce morceau qui collait exactement à ce que je voyais.


Mattis Dovier

Mattis Dovier
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