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Retour sur le Festival d'Annecy et le MIFA 2016

Publié le 26 juin 2016 par
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UN FESTIVAL SOUS LE SIGNE DE
LA CONTESTATION & DE LA SECURITE



Si l’industrie de l’animation ne s’est jamais aussi bien portée, notamment en Europe et en France, les mouvements sociaux qui agitent le pays depuis plusieurs mois ont trouvé un écho à travers les récentes renégociations de la convention collective des intermittents et l’instauration d’un nouveau statut de junior pour le moins contestable par le SPFA vis à vis des jeunes intermitants entrant sur le marché. Ils seront désormais obligés de passer 2 ans sous ce statut à des salaires minimum (pouvant descendre jusqu’à 70€/jour chez certains studios…) avant de pouvoir renégocier leurs conditions de travail et voir ce titre restrictif évoluer sur leur fiche de paye. Comme nous avons déjà eu l’occasion de l’évoquer, nous avons pu assister à plusieurs  regroupements d’étudiants et de professionnels de tout âge, protestants contre ces nouvelles mesures et l’austérité latente qui les accompagne.

 

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site la page facebook des collectifs Velma de Troy et AECA. Vous trouverez plus de détails sur leurs revendications liés à ce nouveau statut de "junior".

 

 


Si nous étions bien loin des vastes manifestations et des heurts qui secouent de nombreuses villes françaises depuis plusieurs mois, la tension inhérente à ce climat social a pour le moins interloqué de nombreux professionnels, sans même évoquer les visiteurs étrangers qui n’avaient pas forcément les clés pour comprendre les enjeux de cette contestation. Le centre névralgique du festival s’est ainsi vu occupé le jeudi 16 juin au soir pendant plus d’une heure, juste avant la projection du dernier long-métrage d’Illumination MacGuff, "Comme des Bêtes".




L’autre fait marquant de cette édition concerne la venue en grande pompe du Président de la République, annoncée en dernière minute pour la fin d’après-midi du jeudi, la journée la plus intense du Mifa. Confirmé dès le matin par les organisateurs, le dispositif sécuritaire déployé aura provoqué l’indignation et une véritable colère aussi bien les exposants que chez les visiteurs.

 

Si d’un côté on peut se réjouir que les grandes instances de l’État reconnaissent enfin l’importance et le potentiel économique du marché de l’animation et des emplois qui en découlent, il y a matière à discuter sur les mesures mises en œuvre pour assurer la sécurité du chef de l’État sur un salon professionnel payant...

 

Étant des habitués de longue date du festival, nous n’avions jamais vu un tel déploiement de force et de mise sous contrôle, transformant chaque entrée du festival en sas de transit d’aéroport : multiples contrôles d’identité à l’entrée, fouille corporelle, vérification des bagages, détecteur de métaux et portiques de sécurité...

 

De quoi mettre de bonne humeur, en plus de la pluie, avant de visiter les stands et d’aller faire ses rendez-vous. Résultat, des queues de visiteurs pris en otage pour le moindre aller-retour, obligé d’attendre parfois jusqu’à d’une demi-heure pour pouvoir enfin rentrer dans le salon. On est très loin de l'époque où l'on pouvait profiter des sympathiques bénévoles, qui finissent par vous connaitre après plusieurs passages... D’autant que ces opérations ont duré toute la journée, pour  finalement une visite éclair en fin d’après-midi de quelques stands préalablement choisis : Illumination, le CNC, le pavillon Chinois ou l’école des Gobelins ; à part ces quelques-uns, la plupart des autres exposants ont d’ailleurs été relativement contrariés de ne pas pouvoir profiter de cette fenêtre médiatique, et ne se sont pas gênés pour nous partager leur mécontentement et leur déception face à ce parasitage médiatique, et forcément, par la baisse d’affluence de cette journée censée être la plus dense de la manifestation.


Pour terminer sur ce sujet, nous nous devons aussi de signaler un autre fait marquant concernant l’attitude des services de sécurité vis-à-vis de plusieurs visiteurs jugés ‘persona non grata ‘ par les services d’ordre, et plus particulièrement de nombreux étudiants (près d’une quarantaine selon certaines de nos sources) qui se sont vu retirer leur accréditation pour des raisons plus ou moins obscures, allant de cheveux un peu trop longs ou de sacs oude vêtements aux couleurs un peu trop rouge ou orange (souvent portés involontairement), symbole intrinsèque de la contestation, qu'il fallait cacher impérativement au pouvoir et aux journalistes généralistes. A se demander qui protège qui... Une façon contestable là encore de minimiser et d'éviter tout écueil médiatique relatifs à ce climat houleux… Face à ce comportement paranoïaque quasi-fascisant du service de sécurité présidentiel, les organisateurs du festival n’ont cependant pas hésité à rééditer de nouveaux badges pour les personnes victimes de ces abus.


Ajoutons à cela dès le début de la journée, un regroupement de manifestants de la CGT opposés à la loi travail qui se sont vu accueillir par près d’une dizaine de camions de CRS ; ces derniers se révélant finalement plus nombreux que les quelques dizaines de manifestants… Une belle démonstration de force que beaucoup auront jugée dérisoire, inutile et surtout couteuse, plombant sérieusement l’ambiance et le moral de nombreux festivaliers nous compris. De quoi  mettre sous tension
le festival, se retrouvant pendant toute une journée très loin de la fête et des célébrations que l’on connait pourtant d'habitude. Mais heureusement, cette édition 2016 d'Annecy ne se résume pas qu'à ça !


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