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Accueil / Magazine / Articles / Dossiers / Compte-Rendu : Festival d'Annecy 2013

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Compte-Rendu : Festival d'Annecy 2013

Publié le 01 juillet 2013 par
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Annecy 2013

Développement, choix du pipeline, post-animation

Blue Spirit, Digital Graphics et Cube Creative sont revenus sur différentes méthodes de travail qui leur ont permis d'optimiser leur productivité. Si le sujet (optimisation du ratio qualité/productivité) peut sembler aride à première vue, la conférence était truffée d'informations intéressante. On peut d'ailleurs regretter que davantage d'artistes en poste ne se soient pas déplacés pour l'occasion : comme pour la plupart des conférences organisées à la Chambre des métiers, la majorité du public était composée d'étudiants.

La problématique de départ est (malheureusement) bien connue des studios en France et en Europe : la productivité est un enjeu vital pour compenser les coûts de main d'oeuvre plus élevés qu'ailleurs, notamment en Asie. Maintenir, créer des emplois ne peut se faire qu'en trouvant les solutions les plus adaptées.

Blue Spirit est revenu sur la nouvelle série issue des Merveilleures cités d'Or, une production profondément marquée par les impératifs budgétaires : avec un budget de 7,4 millions d'euros, l'option de l'animation sous Flash a été évacuée après quelques essais : pas assez compétitive.
Pour respecter les visuels d'origine, c'est la 3D avec un rendu 2D qui a été adoptée. La production s'est effectuée en France, Belgique et... Asie, pour les décors.

Pour ces derniers, justement, le pipeline est atypique : après des recherches en noir et blanc, ils sont pré-modélisés en 3D. Le but est notamment d'éviter les triches de perspective pour le clean, mais aussi d'avoir des assets qui faciliteront le layout et le storyboard. Mieux encore, ces décors permettent par la suite d'obtenir des contacts précis avec le sol pour les personnages.

Les personnages, de leur côté, font massivement appel à une technique de clonage : 13 gabarits servent à créer une bonne partie des figurants. Certains héros sont eux-même aussi utilisés comme gabarits.
Si le réglage d'un personnage principal peut être relativement long (deux semaines pour Esteban, plus pour Mendoza en raison de la cape), les déclinaisons (changements de costume) sont plus rapides, le but étant de rester sous les trois jours.

Pour le layout, un outil maison a été utilisé : Max4Storyboard. Concrètement, l'outil fait un pont entre Toonboom et 3ds Max. Il permet de travailler sous une version très "light" de 3ds max pour créer très rapidement une caméra, mais aussi de placer les personnages avec des contacts et proportions automatiquement ajustés.
Un rendu rapide de la scène sera alors importé dans Toonboom, avant que l'on ne redessine par dessus.
Le fait de passer par la 3D garantit des échelles respectées.

Au niveau du rendement, le pipeline permet aux animateurs de produire 8 à 9 secondes d'animation par jour et par artiste.

Pour la prochaine saison, Blue Spirit ne compte pas en rester là : un workfloww revu devrait permettre de gagner encore du temps.








Cités d'Or

Eric Jacquot (PDG/Producteur, Blue Spirit Productions) et Armelle Glorennec (Productrice, Blue Spirit Productions)


Ci-dessous : gabarit d'un personnage et ses déclinaisons pour créer des figurants.


Cités d'Or

 



Ci-dessus : Cube a également mis en images la bande-annonce partenaires du Festival d'Annecy 2013.





Cube Creative
Alexandre Bretheau (Superviseur Général / Cube Creative) et Pierrot Jacquet (Directeur des Productions / Cube Creative)






Ci-dessous : aperçu de l'outil Tube de Cube. Efficace, mais de l'aveu même du studio, une refonte graphique serait la bienvenue.

Cube Creative

Cube est ensuite intervenu, en évoquant la saison 2 de la série Kaeloo. Un défi de taille pour le studio, puisque la première saison avait été réalisée avec l'aide de Blue Spirit, alors que Cube a pris le parti de travailler en solo pour la seconde. La raison ? Gagner en compétence, mettre en place un processus optimisé. Il faut dire que le studio a des ambitions : Pierrot Jacquet et Alexandre Bretheau ont clairement indiqué que le studio avait comme but à long terme de faire du long-métrage.

Moins d'aides financières, un budget en baisse... Les conditions de départ étaient tout sauf réjouissantes. Pire, le fait de revoir le workflow a imposé de revoir les assets et leur setup. Mais comme nous allons le voir, Cube a compensé en économisant énormément sur la gestion de production et le rendu-compositing.

Le pipeline est relativement linéaire et a été construit autour de Tube, l'outil de gestion de production de Cube. En voici les principales étapes :

- en préproduction, le son dirige l'image et est enregistré en premier lieu. L'intérêt : avoir des animatiques très précises, à la frame près, et quasiment sans déchet. Une règle imposée : le son, une fois monté, doit permettre de comprendre l'épisode même sans l'image.
La précision dans le montage son et l'animatique permet de passer plus de temps en posing, et de permettre aux animateurs de savoir où aller : il y a très peu de retakes, et l'épisode final diffère peu ou pas de l'animatique.
- Sous Sony Vegas, l'animatique est préparée, découpée pour Tube. L'outil de production permettra ensuite, à n'importe quel moment et simplement en appuyant sur un bouton, d'avoir un aperçu de l'avancement de l'épisode.
Tube va par ailleurs permettre d'atrribuer les tâches, faire le suivi par épisode, mais aussi gérer les priorités. Un artiste donné y verra la liste de ses tâches en cours.
Tube se charge aussi de la création des plans, avec fichiers scènes et arborescences de répertoire.
- Quand le Layout arrive, Tube a déjà permis de gagner un temps précieux : chaque scène est déjà associée aux assets définis dans l'animatique, avec setup de caméra et light.
- La partie animation se fait sur une copie de la scène de layout ; l'animateur dispose de commentaires, action notes, de l'animatique (du plan et de l'épisode complet), des dialogues écrits. Des outils maison permettent de charger facilement des poses prédéfinies.
- L'étape de clean est très automatisée, il s'agit surtout de préparer la scène pour le rendu. On recharge les dernières version HD des assets pour remplacer les modèles, avant validation par un superviseur.
- Le rendu est automatisé, de même que le compositing. Le superviseur se retrouvera directement avec un montage complet.
- Le finishing se fait sous Smoke.

Selon Cube, la grande majorité des plans est ainsi rendue et validée directement, avec un gain énorme en productivité. Mieux encore, pour Cube le pipeline mis en place permet de maximiser l'intervention artistique.
Au final, le budget de la saison 2 était inférieur de 20% à celui de la saison 1. Si la démarche de créer de toutes pièces un outil de suivi de production alors qu'il en existe déjà peut surprendre, Cube Creative explique que les besoins très spécifiques le justifient. Financièrement, développer son propre outil peut aussi avoir du sens, si les coûts liés au développement sont inférieurs à ceux de l'abonnement aux outils (qui fonctionnent souvent avec un abonnement mensuel).

Enfin, productivité sur la saison 2 de kaeloo était de l'ordre de 7 secondes par jour et animateur.

Le studio ne compte pas en rester là, et comme nous le disions, compte adapter ses outils pour le long-métrage. La première étape, l'optimisation des outils et la baisse des coûts, est considérée comme accomplie. Reste désormais pour Cube à prouver sa capacité à créer des rendus digne d'un long-métrage, ce que le studio entend bien prouver via le court 5m80 que nous avons déjà évoqué sur 3DVF, mais aussi au travers d'un projet publicitaire en cours.


La fin de la conférence était consacrée à la production d'Ernest et Célestine, que nous avons déjà abordée l'an passé (voir notre compte-rendu d'Annecy 2012). De plus, les spécificités de la production (rendu très particulier) limitent la généralisation de ce cas ; nous avons donc choisi de ne pas le traiter ici.

 

Stands

 

Annecy 2013 : le bilan

Cette édition 2013 nous aura laissé de forts souvenirs : un programme et une sélection de films soignés avec la présence de longs-métrages très attendus.


Sur le plan matériel, on regrettera la qualité de la salle des Haras, qui n'était pas au niveau des films projetés : espérons que les travaux à Bonlieu avancent rapidement, afin de retrouver des conditions de projection plus confortables.


Les conférences étaient dans l'ensemble de haut niveau, avec des informations techniques mais aussi des rencontres fortes. On regrettera juste l'occasion manquée en ce qui concerne les VFX.



Ci-dessous, le bilan du Festival d'Annecy par Marcel Jean, le nouveau délégué artistique.





Enfin, l'édition 2013 a été marquée par une grève SNCF, qui a impacté visiblement la fréquentation des jeudi et vendredi : un coup dur pour le MIFA.
Si les organisateurs annoncent 2 400 accrédités, 454 exposants, 340 acheteurs, distributeurs et investisseurs et 80 pays représentés, il ne s'agit que des accréditations payées. Interrogés à ce sujet, les organisateurs indiquent une "légère baisse" des accréditations prises sur place, sans pouvoir nous donner de chiffre exact.

Reste que malgré la grève SNCF, les travaux de Bonlieu et le changement de délégué artistique, le Festival a su nous proposer un programme très satisfaisant : de quoi nous donner envie de revenir l'an prochain !



Ci-dessous, film d'ambiance du Festival d'Annecy, mis en ligne par les organisateurs.


Pour en savoir plus :
- Le site du Festival ;
-Le Replay, résumé officiel du Festival d'Annecy par les organisateurs.



Réalisation : www.3DVF.com , juin-juillet 2013.

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