Google+
3DVF Network :
ico_magazine
Magazine
ico_boutique
Boutique
ico_cgjobs
Portail Emploi
ico_upload
Hébergement d'image
ico_progiss
Progiss
Login
space
space

Accueil / Magazine / Didacticiels / Illustration Mad Scientist

space

Illustration Mad Scientist

Publié le 30 septembre 2003 par lieo
space


Didacticiel de l'illustration de la carte "MAD SCIENTIST"
par Roberto Campus

 

 

Cette illustration fait partie d'une série de 14 images créées au début de l’été pour un jeu de cartes appelé "Shadow Fist". A cette époque, je travaillais sur la mise en couleurs d'une bande dessinée, c'est pourquoi terminer ce projet rapidement était une priorité. J'ai peu dormi, mais ce fut un projet amusant et qui en valait largement la peine. Il fallait que l’illustration de la carte soit un savant fou classique, travaillant sur un gadget quelconque dans son labo, avec des étincelles et de l'électricité tout autour. Etant données les contraintes de temps et le fait de savoir que ce travail allait être imprimé à une très petite échelle, moins de 10 cm, j'ai opté pour une approche assez simple : peu d'éléments dans le premier plan, un arrière-plan minimal et une ou deux sources de lumière.

J’ai commencé par me concentrer sur la description et me poser quelques questions comme "Sur quoi le savant fou travaille-t-il?". L'idée de robot m'est venue d'un seul coup, mais j'ai ensuite choisi le cyborg, ce qui me permettait ainsi d'y mettre une touche gore (vous voyez le cerveau?). Après tout, le savant devait avoir l'air d'un malade! Ensuite, je me suis interrogé sur la provenance des étincelles, et j'ai eu un flash (c’est bien tombé) : je me suis souvenu d'une récente visite au Musée des Sciences (Cambridge, MA), où j'ai vu deux énormes bobines Tesla (un génie en physique fou du siècle dernier, malheureusement peu connu) produisant de spectaculaires arcs électriques; j'ai pensé qu'elles seraient parfaites pour l'arrière-plan. Je voulais que l'image finale fasse penser aux vieilles revues à sensation des années 40 et 50, mais avec une touche moderne.




Etape 1 : Croquis

Ayant déjà une idée très précise des éléments et du sujet de l'illustration, je suis directement passé aux croquis. Pour moi, le meilleur moment pour croquer, c'est le soir (quand mes enfants sont censés ne plus courir autour de moi pour me distraire), avec le casque et une musique douce un peu médiévale ou style Renaissance. Malheureusement, la seule fois où j'ai pu faire des croquis de cette image, c'était lors d'une visite chez mes beaux-parents (après avoir été traîné là-bas par ma femme), mais j'avais toujours mon fidèle, quoiqu'un peu rudimentaire, crayon 2B et quelques feuilles de papier.

Le croquis se résumait à quelques formes et traits, très grossiers, visant à trouver la bonne composition. Après un essai raté (l'image n'était pas suffisement intéressante), j'ai fait un nouveau croquis (en 2 mn) avec une espèce de perspective oblique dans l'espoir qu'elle apporte au final un peu d'action.


Afin d'éviter des surprises de pertes de temps, je me suis assuré d'inclure tous les éléments prévus pour l'image finale dans le croquis. Une fois satisfait de mon ébauche, je l'ai rangée pendant quelques jours, jusqu'à ce que je la ressorte et la reproduise sur l'ordinateur avec Painter et une tablette Wacom. Le croquis numérique était en basse résolution (72 DPI). J'ai utilisé l'outil "Pencil" avec une petite taille et une opacité à 100%, et j'ai fait un fond sépia. Je dessine toujours en basse résolution, tout va plus vite ainsi. Je ne me suis pas soucié de corriger les tracés ou les détails pendant cette étape.





Etape 2 : Ebauche
Pour la première phase d'ébauche, j'ai continué sous Painter et j'ai redimensionné l'image à 300 DPI (17,5 cm). J'ai ensuite utilisé l'outil "Aérographe" avec une taille et une opacité moyenne (voir l'image "Brosses"). Généralement, je passe cette phase aussi vite que je le peux, me concentrant uniquement sur les formes, les volumes (ombres et lumières) et la couleur.


Ci-dessus : la phase d'ébauche, avec les couleurs et les formes principales.




J'essaye de faire en sorte que ce processus soit automatique, évitant de m'arrêter trop souvent pour REFLECHIR, rationaliser et analyser ce que je suis en train de peindre à partir de mon imagination. Avec l'expérience, j'ai trouvé qu'en procédant ainsi, j'interférais avec le processus en cours dans ma tête (une pelote de neurones dans mon hémisphère droit, peut-être?) alors qu'il m'est difficile de traduire une image de mon esprit à ma main, et de ma main à l'ordinateur. C'est un peu le même processus qui s'opère dans mon esprit lorsque j'entends un mot connu : je connais immédiatement sa signification (sauf quand j'ai bu un verre de vin de trop), mais quand je me répète le mot encore et encore, le mot devient insensé et commence à perdre toute connexion avec le concept auquel il est lié (peut-être ai-je un problème mental, non?). Je pense que c'est ce même mécanisme qui s'applique à mon processus d'ébauche, je lui laisse donc libre cours.

Les Brosses : (à gauche) l'aérographe avec une taille et une opacité moyenne pour la phase d'ébauche.
(à droite) Une brosse plus détaillée pour peindre et affiner les détails.



Après avoir choisi quelques couleurs de base, je mets celles-ci de côté dans un coin de l'image pour m'en servir plus tard, puis je commence à remplir les différentes zones, directement sur le calque initial. A aucun moment dans ce processus d'ébauche je n'ai ajouté des détails précis et, pour cette raison, je me force généralement à utiliser toujours la même taille de brosse. Ensuite, en me servant de la palette de couleurs pour définir des tons plus clairs ou plus foncés que la couleur de base, j'ai peint les ombres et les rehauts. Durant cette étape, j'ai souvent pressé la touche ALT pour choisir mes couleurs en allant d'une zone à l'autre.



Etape 3 : Peinture / Couleurs Principale(s)
C'est l'étape principale où je retouche les formes et ajoute des détails aux éléments du premier plan. Ici, je me concentre sur la restructuration de toutes les formes jusqu'à leur position et dimensions finales. Je passe ensuite aux "Brosses" de Painter, avec une opacité moyenne (voir les images de "Brosses" plus haut), en variant les tailles de la brosse, mais en faisant de petits tracés réguliers et positionnés avec soin. Je me suis vite aperçu que pour d'atteindre un haut niveau de réalisme pour le visage et les mains du personnage principal, il fallait se baser sur plusieurs références. Avec un appareil photo numérique bon marché (outil inestimable pour un artiste numérique), j'ai pris quelques clichés de mon visage (c'était quelque chose de très très moche) et de mes mains illuminés par une source de lumière venant du bas. J'ai importé les photos en basse résolution dans Painter, je les ai un peu désaturées et les ai gardées à portée de main (à gauche de l'illustration pour les avoir à l'oeil) pendant que je finalisais les éléments du visage et de la tête. Il est souvent d'un grand secours d'utiliser des photos de référence, surtout s'il faut travailler avec des sources de lumière complexes ou inhabituelles comme celle-ci (venant du bas). Les photos servent à gagner du temps et me permettent d'atteindre plus facilement un plus haut niveau de réalisme.




Etape 3 : on y est presque. Notons qu'à ce moment de l'ébauche, l'arrière-plan et quelques éléments du premier plan (câbles sortant du casque du savant) ne sont pas encore affinés.



Le reste des éléments viennent directement de mon imagination; la plupart du temps ce sont des formes très basiques, il n'était donc pas difficile d'imaginer comment les sources de lumières réagiraient avec. Notons qu'à ce moment-là, l'arrière-plan et quelques éléments du premier plan (les câbles qui sortent du casque du savant) ne sont pas encore affinés (voir image ci-dessus); je les ai laissés pour l'étape suivante, lors de l'import dans dans Photoshop. Je n'ai pas grand-chose d'autre à dire sur cette partie, à côté des notes techniques mentionnées plus haut, car l'étape de la mise en couleurs implique principalement la capacité subjective de l'artiste à rendre des objets.


C'est une compétence qui peut s'apprendre avec de la pratique et de l'acharnement. La clé des exigences regroupent entre autres un bon sens de l'observation et de l'autocritique. Je peux cependant vous donner un ou deux trucs: souvent lorsque vous peignez quelque chose, tournez votre image horizontalement. En faisant cela, vous verrez tout de suite si quelque chose n'est pas à sa place. De plus, dézoomez sur l'image jusqu'à ce qu'elle soit bien plus petite que celle sur laquelle vous travaillez, vous la verrez ainsi dans son intégrité; cela aide aussi à débusquer les défauts. De temps en temps, il peut être utile de faire une copie de votre travail en cours, de le désaturer et de le regarder pendant quelques minutes, afin de discerner les éventuels problèmes de contraste ou de volume.


Etape 4 : Effets et ajustement final.
C'est à ce moment-là que j'ai vraiment commencé à m'amuser! J'ai importé l'image dans Photoshop, copié le canvas (calque initial) et découpé les éléments du premier plan et de l'arrière-plan avec la gomme. Ensuite, je mets les éléments du premier plan (le savant et les gadgets) à part sur un calque appelé "FG". Ensuite, j'inactive ce calque, et procède à la mise en couleurs du fond sur le canvas (que je renomme alors "BG"). Avec une grosse brosse, simple et ronde, en mode normal, j'arrange les couleurs du fond, et j'affine la forme de la bobine Tesla. J'ajoute un nouveau calque au-dessus de "BG", appelé "Sparks", où je peins les étincelles avec une brosse rigide à 100%, et une couleur rose/bleue. Pour donner un effet de brillance aux étincelles, j'ai ajouté un effet "Outer Glow" dans les options de fusion de calques. J'ai ensuite mélangé les calques "BG" et "Sparks".



Ci-dessus : avec une grosse brosse, simple et ronde, en mode normal,
Roberto arrange les couleurs du fond et affine la forme de la bobine Tesla.



Après, j'ai réactivé le calque "FG" pour vérifier que le nouveau fond aille bien avec le reste. Par chance, tout collait parfaitement. Là, j'ai ajouté un nouveau calque par-dessus, et peint les câbles du casque du savant; je leur ai ensuite ajouté un léger effet "Outer Glow". J'ajoute ainsi les étincelles créées par les outils du savant, avec la même technique que pour les autres étincelles, mais cette fois avec un jaune très pâle.



Dodging : remarquant que l'image n'était pas assez contrastée,
il utilise l'outil "Dodge" pour appuyer les rehauts.



Je termine en aplatissant tous les calques en un seul, et je remarque que les rehauts ne sont pas assez lumineux : j'ai donc eu recours à mon outil favori, le "Dodge" (outil dont je suis devenu accro depuis peu). Le "Dodge" permet d'illuminer les rehauts, je m'en suis servi pour les zones qui en avaient besoin afin d'attirer l'attention. J'aime rajouter des sources de lumière indirectes ou secondaires sur les éléments de mes illustrations, c'est pourquoi je m'en suis donné à coeur joie avec ce "Dodge" (certains appelleraient cela un péché mortel, je sais, héhé!); j'ai donc "dodgé" à fond tous les contours illuminés par les étincelles roses et bleues de l'arrière-plan, mais aussi les autres zones au premier plan illuminées par les étincelles jaune pâle.


Etincelles : Roberto a ajouté les étincelles provenant des outils du savant avec un jaune très pâle
et en appliquant un Outer Glow (dans un calque de style Photoshop)

space
space

Les derniers commentaires (0)

Soyez le premier à déposer un commentaire.
space
space
space
space
space
A Propos | Contact | Publicité
Copyright © 2000-2018 3DVF. Tous droits réservés. | Infogérance serveur | tracker
space