Google+
3DVF Network :
ico_magazine
Magazine
ico_boutique
Boutique
ico_cgjobs
Portail Emploi
ico_upload
Hébergement d'image
ico_progiss
Progiss
Login
space
space

Accueil / Magazine / Actualité Quotidienne / Industrie et sociétés / John Lasseter embauché par Skydance Animation, malgré son lourd passif

 

John Lasseter embauché par Skydance Animation, malgré son lourd passif

Publiée le 10 janvier 2019 par shadows44 (1857 lectures)
space

John Lasseter

David Ellison, CEO de Skydance Media, a annoncé l'embauche de John Lasseter, qui a quitté les studios Disney fin décembre après plusieurs mois en tant que simple consultant. Lasseter a été nommé Head Of Animation, et supervisera donc à nouveau des projets d'animation.
En arrivant chez Skydance, Lasseter reprend le rôle occupé jusqu'ici par Bill Damaschke, ancien Chief Creative Officer de DreamWorks Animation.

L'annonce a de quoi surprendre. Rappelons que John Lasseter, réalisateur de Toy Story, Cars ou 1001 Pattes, avait en 2017 été accusé de faits particulièrement graves avec de multiples cas de harcèlement et agressions sexuelles envers des employées du groupe Disney. Des faits qui se sont étalés sur de nombreuses années et ont été corroborés par de multiples témoignages. Commentaires inappropriés envers le personnel féminin, contacts physiques imposés tels que des "câlins", baisers et des mains baladeuses font partie des éléments remontés au travers de Variety ou du Hollywood Reporter.
Rappelons également que de toute évidence, le management était parfaitement au courant des agissements de Lasseter, et n'a pas voulu ou su agir, préférant peut-être privilégier celui qui a eu un rôle considérable dans le succès de Pixar et Disney depuis le milieu des années 90. Un choix qui, comme l'a montré le témoignage d'une ancienne artiste de chez Pixar, à ruiné la carrière de certaines employées : l'artiste expliquait par exemple avoir été exclue de réunions de travail... Car Lasseter "avait des difficultés à se contrôler" face aux jeunes femmes du studio ; elle avait fini par claquer la porte de l'entreprise. Ce même témoignage soulignait que le comportement de Lasseter avait des répercussions sur l'ensemble de l'équipe, ses agissements étant en quelque sorte un encouragement envers d'autres hommes qui savaient que ces problèmes n'étaient pas sanctionnés.
Enfin, il convient de rappeler que Lasseter a lui-même confirmé en partie ces accusations lors d'une "prise de congé" du studio, se contentant cependant de parler de "câlins non voulus" et "tout autre geste qui auraient pu franchir la ligne". Les studios Disney, eux, sont toujours restés discrets sur le sujet ; le groupe avait parlé "d'excuses sincères" et assuré travailler à faire en sorte que ses studios soient un environnement de travail positif, mais n'a jamais répondu aux éléments montrant une inaction de la hiérarchie et donc une impunité totale de Lasseter durant des années.

Au vu de ce passif, embaucher Lasseter semble pour le moins étrange. David Ellison de Skydance Media s'en est expliqué dans un mémo envoyé aux employés et employées. Il justifie cette embauche en désignant pudiquement les agressions et le harcèlement sous le terme "erreurs". Selon lui, la décision n'a pas été prise à la légère et avance que Lasseter "a reconnu et s'est excusé pour ses erreurs", qu'il "a fait des efforts" pour s'améliorer.
David Ellison ajoute que lui et l'équipe de direction ont lancé une enquête via un conseil externe et ont "évalué avec soin" les éléments mis à jour, sans pour autant préciser quoi que ce soit sur le contenu des éléments en question.
Toujours selon David Ellison, John Lasseter aurait "donné son assurance" qu'il se "comporterait de manière professionnelle" à son nouveau poste.

Lasseter a lui aussi réagi, avec un communiqué :

I’m grateful to David and the Skydance team and know that I have been entrusted with an enormous responsibility. It is a distinct privilege that I will relish. I have spent the last year away from the industry in deep reflection, learning how my actions unintentionally made colleagues uncomfortable, which I deeply regret and apologize for. It has been humbling, but I believe it will make me a better leader.

I want nothing more than the opportunity to return to my creative and entrepreneurial roots, to build and invent again. I join Skydance with the same enthusiasm that drove me to help build Pixar, with a firm desire to tell original and diverse stories for audiences everywhere. With what I have learned and how I have grown in the past year, I am resolute in my commitment to build an animation studio upon a foundation of quality, safety, trust and mutual respect.

En résumé, Lasseter explique être désolé de ses actes passés, mais continue à minimiser les accusations : il avance que le malaise provoqué par ses "actions" était "involontaire" de sa part. Il poursuit en affirmant avoir réfléchi à ces faits et pense pouvoir devenir "un meilleur dirigeant".

On peut évidemment choisir (ou non) de croire à un repentir sincère de Lasseter. Reste que son embauche 10 jours à peine après le départ de Disney pose question : le message envoyé étant qu'une personne vue comme irremplaçable ou très douée pour lancer des projets à succès ne subira finalement aucune conséquence. On voit mal comment cet exemple pourrait servir d'avertissement à d'autres personnes en position de pouvoir.

Plusieurs organisations ont réagi à cette embauche :

- Time's Up, mouvement de lutte contre le harcèlement sexuel lancé début 2018 dans la foulée de l'affaire Weinstein et du mouvement #MeeToo, insiste sur la nécessité de montrer des remords réels, de changer en profondeur son comportement mais aussi de faire amende auprès des victimes. Pour Time's Up, embaucher Lasseter alors qu'il "n'a fait aucune de ces choses" revient de la part de Skydance à approuver tacitement le harcèlement.

Skydance Media’s decision to hire John Lasseter as head of animation endorses and perpetuates a broken system that allows powerful men to act without consequence. At a moment when we should be uplifting the many talented voices who are consistently underrepresented, Skydance Media is providing another position of power, prominence and privilege to a man who has repeatedly been accused of sexual harassment in the workplace,” the group said in a statement.

People often ask when a man who has abused his power “gets” to “come back.” There is no simple answer. But here are a few first steps:

1) Demonstrate true remorse.

2) Work deeply to reform your behavior.

3) Deliver restitution to those you harmed.

That’s the bare minimum.

Hiring decisions have consequences. And offering a high-profile position to an abuser who has yet to do any of those things is condoning abuse.

- L'organisation Women In Film,de son côté, demande plus de détails de la part de Skydance, notamment en ce qui concerne la fameuse enquête dont nous parlions plus haut et dont Skydance ne révèle rien. Women In Film avance que les personnes peuvent effectivement changer et apprendre, mais que ce processus nécessite une réelle transparence.

Lasseter’s innappropriate touching and kissing has been reported by a number of women – from colleagues to subordinates. In the statement from Skydance, David Ellison says, ‘Lasseter has been forthright in taking ownership of his behavior, apologized for his actions and has spent the past year on sabbatical analyzing and improving his workplace behavior.’ He also says that Skydance had ’employed outside counsel to investigate the allegations.’

What does this mean? For women in this industry to feel safe, we need more transparency than the above statement and we need to know what the company plans to do to ensure that safety. By saying Skydance has conducted an independent investigation and then proceeded to hire Lasseter, do they mean to suggest that they are hiring him in spite of the numerous accounts of women and colleagues? We do think that people can learn and change, and we look forward to men who model this, but true reparation requires transparency.

- Women In Animation, sollicitée par le Hollywood Reporter, a pour le moment préféré ne pas commenter l'affaire.


Skydance Media travaille actuellement sur deux futurs films d'animation. Le premier, Luck, sera comme son nom l'indique centré sur la chance et son impact sur le quotidien. Il sortira en 2021. Le second, Split, ne dispose pas d'une date de lancement.

Ces projets doivent théoriquement être distribués par Paramount Pictures, mais le Hollywood Reporter souligne que la Paramount a très mal accueilli la nouvelle de l'embauche, d'autant que des réactions négatives de la part des professionnels et du public pourraient avoir un impact bien réel sur le studio. Il n'est cependant pas certain que la Paramount souhaite ou puisse remettre en cause le contrat de distribution, à ce stade.

space
space

Les derniers commentaires (1)

#1
Marge Dean, présidente de Women In Animation, a réagi. Elle souligne que l'annonce est un gros pas en arrière par rapport à ce qui s'était passé dans l'industrie ces derniers mois, avec les actes qui avaient désormais des conséquences. Dear friends and colleagues, Last week’s announcement regarding the hiring of John Lasseter by Skydance has sent shockwaves throughout the industry. While many have asked WIA to comment on the news, to be honest, I’d much rather talk about the amazing Margie Cohn who was just made president of Dreamworks Animation. I wish our attention could stay more on the positive accomplishments of brilliant women than the bad behavior of some men. Like everyone else I was shocked and distressed by the decision of Skydance to bring John Lasseter back into the community and reward him so well. I went through a roller coaster of emotions that have taken a few days to sort through. The announcement triggered in me the same feelings that I’ve had in abuse situations. Fundamentally, I felt disregarded and trivialized. Harassment has been allowed to exist (and some would say flourish) in the creative industries because talent always takes precedence over everything else…where the safety of an individual is deemed less important than the success of the greater goals; where the feelings of violation and fear are seen as an over-reaction to what has happened; where there is outright denial of someone’s very personal, painful experiences. The single biggest effect of the events last year is that we saw men experiencing consequences for their bad behavior. We had never seen that on such a scale before. It empowered us and gave us hope that things could be different. The Lasseter decision seems to have weakened that giant step forward, and I felt panic that our progress was being undermined. The sense of security that women didn’t need to be afraid to be in the workplace was shaken. When I came out the other side of being upset and pretty freaked out, I realized that we can’t control who corporations hire no matter how much we protest, make statements in the press, get companies to commit to zero tolerance for harassment, or the myriad other proactive things that are being done. Fighting to keep work environments free of predators is important, but it’s not as effective a strategy as empowering women to take care of themselves and each other. Most stories that I’ve heard about sexual harassment happen in secret moments when no one else is around. Deniability is usually a key component. In talking with supervisors, I usually hear distressed and remorseful stories that they were unaware that something was going on under their noses. Companies are responsible for how they react after the fact–Do they believe the victim? Do they fire the perpetrator no matter how important he is to their bottom line? But what if we could stop it before it happens? What if we have an empowered workforce that will not allow the mistreatment to happen to themselves or co-workers? Maybe that would be more effective. It’s critical that we take responsibility for protecting ourselves and our colleagues, especially for women. This will include requiring our employers to build safe workplaces, to have no tolerance for harassment, and to sacrifice their golden ticket if required. But more importantly, we need to speak up for ourselves and others. We need to engage in the discussion in places that we can have impact. We need to know what resources are out there for us. We need to get stronger both emotionally and physically. We need to not be afraid. As an advocacy group, WIA is committed to pushing for a safe working place for all people in animation, especially women of all shades and people of color, and others who are easily targeted. If you are subjected to harassment and need information, you can find resources on our website. [URL='http://womeninanimation.org/sexualharassment/']http://womeninanimation.org/sexualharassment/[/URL] And as a final thought for those people who run studios and build animation production teams: if you really want to help fight sexual harassment (or just not get bad press anymore), then hire more women. If you have a workforce that is 50% female, those secret moments of vulnerability become harder to find. There will be more invested and aware eyes in the workplace. On the surface, WIA’s call to action of 50-50 by 2025 seems like it’s just about equity, but the truth is that a more balanced workforce will change everything, from the content that is made to the culture of the studios. More women in a studio is the best prevention for harassment. And then, hopefully, we’ll get to talk more about the amazing women of animation and less about misbehaving men. Best Marge Dean President Women in Animation
 
space
space
space
space
space
space
space
space
A Propos | Contact | Publicité
Copyright © 2000-2019 3DVF. Tous droits réservés. | Infogérance serveur | tracker
space