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Accueil / Magazine / Actualité Quotidienne / Industrie et sociétés / Culture toxique, pratiques douteuses : le studio Quantic Dream pointé du doigt

 

Culture toxique, pratiques douteuses : le studio Quantic Dream pointé du doigt

Publiée le 15 janvier 2018 par shadows44 (5088 lectures)
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Quantic Dream

Mise à jour : ajout du communiqué du studio. Gameblog a par ailleurs pu obtenir une réaction de Sony, partenaire proche de Quantic Dream : les propos sont brefs.

Le studio français Quantic Dream, connu pour son travail sur des jeux vidéos tels que Heavy Rain, Beyond : Two Souls et le futur Detroit : Become Human, est accusé de multiples dérives internes.

Canard PC, Le Monde, Mediapart (articles accessibles via abonnement) ont publié ce week-end des enquêtes approfondies autour des pratiques au sein du studio dirigé par David Cage et Guillaume de Fondaumière.

Les faits rapportés sont graves, et commencent début 2017. Un responsable informatique avait alors découvert un dossier stocké sur le serveur de la société et contenant environ 600 photomontages douteux, dont des images dégradantes envers des employés. Les noms de fichiers cités par Le Monde sont évocateurs : « David de Gruttogode », « LeClubDesPutes », « MariagedevieuxPDs », « Quantic Dream recrute toujours… des racistes ». Cinq plaintes ont été déposées suite à la découverte des images ; un des responsables de ces créations a reçu un avertissement, ainsi qu'un rappel à la loi.

Les articles font également état chez Quantic Dream d'un manque de considération envers les femmes du studio, de blagues racistes ou homophobes, y compris venant de l'équipe de management. David Cage et Guillaume de Fondaumière sont explicitement visés par certaines accusations : Guillaume de Fondaumière aurait par exemple dragué lourdement des employées lors de soirées, fait des remarques déplacées.

Sur le plan des conditions de travail, Canard PC, Le Monde et Mediapart rapportent là encore des problèmes lourds, même si malheureusement courants dans le milieu : travail le week-end, semaines de 60 voire 80 heures de travail dans certains cas, pression forte sur le personnel. Résultat : une accumulation de burn-out et dépressions, des démissions nombreuses.
Enfin, des pratiques étonnantes ont semble-t-il été mises en place dans le studio, comme un système d’épargne-temps inversé, ou l'auto-licenciement de Guillaume de Fondaumière avant son ré-engagement le lendemain, avec 60 000 euros d'indemnités empochées au passage.

Quantic Dream, face à ces accusations graves, nie en bloc. David Cage et Guillaume de Fondaumière, longuement interrogés par les médias qui ont mené l'enquête, ont plaidé la surprise, l'exagération, la mise en avant hors contexte ou tout simplement nié certains points. David Cage et Guillaume de Fondaumière assurent ainsi ne pas avoir été au courant de ces photomontages avant février 2017, une information contredite par un e-mail de Guillaume de Fondaumière obtenu par Le Monde. Du côté du racisme et de l'homophobie, David Cage se contente de rappeler les collaborations du studio avec Ellen Page ou Jesse Williams.

Ci-dessous : le communiqué du studio.
Quantic Dream

La défense de Quantic Dream donc assez légère face aux multiples sources des articles, avec les témoignages d'une quinzaine de personnes employées ou anciennement employées, ainsi que des e-mails et enregistrements.

Via Canard PC, Le Monde, Mediapart. Si vous n'êtes pas abonnés à ces médias, notez que l'article du Monde est disponible à l'achat à l'unité (2€), et qu'une offre d'abonnement promotionnelle est proposée du côté de Mediapart (1€ pour 2 semaines).

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Les derniers commentaires (5)

#1
Petite mise à jour, avec le communiqué officiel de Quantic et la réaction de Sony France, partenaire proche étant donné que Quantic Dream développe des exclusivités PS4.
 
#2
Merci pour le suivi avec les mises à jours de l'article. Je ne suis pas vraiment surpris de par ce types de pratiques dans ce secteur (avérées ou non selon qu'on est d'un côté ou de l'autre). Je ne les cautionne pas mais on est un secteur pas très bien cadré encore et peu de personnes évoluant dans le milieu du jeu vidéo connaissent leurs droits ou même les conventions collectives parfois utilisées pour cadrer le contrat de travail. Reste qu'on est dans un secteur assez petit en France et une tribune d'Yvan le fou chez CPC démontrait que tout le monde se connait plus ou moins alors personne ne veut faire de vague de peur de se griller dans le métier.
 
#4
ça reflête pas mal ce que j'avais entendu dire sur cette boite malheureusement.
 
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